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Le public qui recourt au privé, pas une panacée, dit l'IRIS

05/06/2013 06:13 EDT | Actualisé 05/08/2013 05:12 EDT

Des chercheurs de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) affirment que la sous-traitance à des fournisseurs privés, dans le secteur public, coûte généralement plus cher que prévu et ne permet pas nécessairement d'épargner du temps.

Selon l'étude de l'RIS, rendue publique mercredi, le gouvernement du Québec se heurte à des dépassements de coûts, subit des retards dans la réalisation des travaux et perd de l'expertise lorsqu'il s'en remet aux sous-traitants. L'IRIS s'est penché sur sept cas précis dans lesquels Québec a confié des contrats à des fournisseurs privés. Les chercheurs concluent en substance qu'en agissant ainsi, le gouvernement se retrouve dans une position de dépendance vis-à-vis de ses sous-traitants et en ressort perdant.

Dans le domaine de la santé, par exemple, le recours aux ressources intermédiaires pour l'hébergement de personnes âgées qui ne trouvent pas de place dans les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) ne permet pas au gouvernement d'économiser, à première vue, selon les chercheurs. De plus, relèvent les experts de l'IRIS, les coûts unitaires enregistrés dans ces ressources intermédiaires connaissent une croissance plus élevée que dans les CHSLD. Il est à noter que les places dans ces ressources intermédiaires constituent 3 % de toutes les places dans le réseau.

L'IRIS cite aussi le cas du Dossier santé qui, de l'aveu même du gouvernement québécois, va coûter 1,6 milliard de dollars, au lieu du demi-milliard évalué il y a sept ans.

Le cas de la Société des alcools du Québec (SAQ)

La SAQ était également dans la mire des chercheurs de l'IRIS, qui évaluent que l'entretien des succursales par des fournisseurs privés, en vertu d'un contrat conclu en 2008, a dépassé de 25 % les coûts prévus. Toutefois, la SAQ réfute ces conclusions : bien que l'entretien des magasins coûte plus cher qu'escompté, la SAQ estime avoir gagné en efficacité puisqu'auparavant, elle faisait affaires avec 125 différents fournisseurs. L'entretien est désormais centralisé et l'augmentation des coûts s'explique aussi par l'ouverture de nouvelles succursales ou l'agrandissement de magasins, dit la SAQ.

Fait à noter, le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec, le Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ et celui de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec ont participé au financement de cette étude.

D'après des informations de Bruno Coulombe

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