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Procès Manning : il n'a dit que « la vérité », soutient Assange

04/06/2013 04:48 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT

Une seule journée de procès du jeune soldat américain Bradley Manning a suffi pour faire réagir Julian Assange, l'homme derrière WikiLeaks.

Manning, 25 ans, est le présumé auteur de la plus importante fuite de documents confidentiels de l'histoire des États-Unis. En 2010, il a été arrêté en Irak, où il se serait servi de son poste d'analyste des renseignements militaires pour partager des documents et vidéos jugés « ultra-sensibles ».

Julian Assange ne mâche pas ses mots. Dans une lettre ouverte publiée lundi soir sur le site de WikiLeaks, il qualifie de « procès-spectacle » le déroulement de la première journée d'audience du jeune soldat simplement accusé « d'avoir dit la vérité ».

Il en profite pour dénoncer cette « mise en scène » orchestrée par le gouvernement où, dit-il, 141 témoins vedettes défileront durant 12 semaines.

Assange n'hésite pas à décocher quelques flèches aiguisées à l'endroit du gouvernement américain.

Le cybermilitant australien rappelle les conditions d'emprisonnement du jeune soldat. Manning aurait été enfermé dans une cage au Koweït à la suite de son arrestation à Bagdad, avant d'être transféré dans une prison de Viriginie, où il y aurait subi des traitements dégradants, selon l'Organisation des Nations unies (ONU).

« Les États-Unis étaient en théorie un État de droit. Mais pour Bradley Manning, ce n'est plus un État de droit », juge le fondateur de WikiLeaks.

Julian Assange, qui se terre à l'ambassade équatorienne de Londres depuis le 19 juin 2012 afin d'échapper à une extradition vers la Suède pour une affaire de viol, est le grand absent du procès de Bradley Manning.

Le procureur tente de prouver que le soldat américain agissait en complicité avec Assange et qu'il se conformait aux « informations les plus recherchées par WikiLeaks ».

C'est cette prétendue collaboration avec WikiLeaks qui pourrait valoir à Manning d'être accusé de « collusion avec l'ennemi », le condamnant alors à la prison à vie. Selon le procureur, Manning savait qu'Al-Qaïda utilisait ce site, le rendant coupable de complicité indirecte avec l'ennemi.

Manning a plaidé coupable à 10 des 22 chefs d'accusation. Il nie toutefois que les 700 000 documents qu'il reconnaît avoir partagés auraient pu être utilisés contre les États-Unis.

Le premier témoin raconte

Le deuxième jour de procès du jeune Manning a débuté avec le témoignage de son ami virtuel, Adrian Lamo.

Lui-même pirate informatique et militant pour la cause homosexuelle, Lamo est devenu le confident du soldat américain lorsqu'il a voulu partager ses questionnements sur son orientation sexuelle. Il lui aurait également confié son dilemme concernant la publication de documents qu'il jugeait « appartenir au domaine public ».

Même si les deux hommes ne se sont jamais rencontrés, Lamo a dit que Manning « voulait que les gens voient la vérité ».

Le jeune soldat américain se serait livré à lui, car il avait besoin « d'aide de quelqu'un de confiance » sur cette base américaine en Irak, où « il se sentait désespéré », comme « une âme brisée » livrée « à un combat intérieur en raison de son problème d'identité sexuelle ».

Leurs conversations électroniques ont eu lieu entre le 20 et le 26 mai 2010, jour de son arrestation.

Le procureur militaire Ashden Fein a réussi à faire avouer à Lamo que Manning disait connaître Assange. Cependant, il a ajouté que son ami n'avait pas « dit un mot contre les États-Unis » ni sur son « désir d'aider l'ennemi ».

Le procès devrait durer jusqu'au 23 août.

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