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Le ministre Paradis bloque le transfert de spectre de Mobilicity à Telus

04/06/2013 08:24 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT
CP

OTTAWA - Industrie Canada a bloqué mardi une entente de 380 millions $ qui prévoyait la vente de la petite entreprise de services de télécommunications sans fil Mobilicity au géant de l'industrie Telus (TSX:T) et affirmé qu'Ottawa continuerait à empêcher les transferts de spectres qui limiteraient la concurrence sur le marché du sans fil canadien.

Le ministre de l'Industrie, Christian Paradis, a indiqué mardi que le gouvernement utiliserait tous les outils à sa disposition pour s'assurer qu'il y a au moins quatre concurrents du secteur du sans fil dans chaque région du Canada.

Telus et Mobilicity avaient demandé une exception à une politique fédérale qui prévoit qu'un transfert de spectre d'une nouvelle société de télécommunications à un des géants du secteur ne puisse pas avoir lieu avant au moins cinq ans après l'émission d'une licence.

Mais le choix de mots du ministre Paradis laisse croire que Telus pourrait toujours devoir se battre pour obtenir la permission d'acheter le spectre de Mobilicity même après février 2014, à l'expiration de ce délai.

Telus, qui a affirmé par le passé que Mobilicity ne réussirait pas à survivre sans aide financière additionnelle, a qualifié la décision de mardi de «regrettable» pour les 250 000 clients et 150 employés de Mobilicity, en plus de ses créanciers.

«(Ils) sont maintenant aux prises avec une incertitude considérable en raison des difficultés financières pressantes de l'entreprise», a indiqué Telus dans un communiqué. L'action de Telus prenait mardi après-midi 19 cents à la Bourse de Toronto, pour s'échanger à 35,98 $.

Le critique du Nouveau Parti démocratique Glenn Thibeault, a accusé le gouvernement de mettre le désordre dans le secteur du sans fil, ajoutant que si Mobilicity devait mettre fin à ses activités, les consommateurs seraient laissés à eux-mêmes, tout comme les créanciers.

Mais le ministre Paradis a estimé qu'une faillite de Mobilicity ne devait pas être considérée comme inévitable.

Le chef de la direction de Mobilicity, Stewart Lyons, a pour sa part indiqué qu'il étudiait la décision du ministre et qu'il discuterait avec Telus et d'autres détenteurs de participation, et qu'il discuterait plus longuement de ce dossier en temps et lieu.