POLITIQUE

Laval : les élus éludent les questions sur la commission Charbonneau

04/06/2013 09:02 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT
Radio-Canada

Le premier conseil municipal de Laval sous le régime de tutelle imposé par Québec a fait salle comble, lundi soir, mais il a laissé plusieurs citoyens sur leur appétit. Les élus ont refusé de répondre aux questions des citoyens sur les allégations émanant de la commission Charbonneau prétextant que le sujet ne se trouvait pas à l'ordre du jour.

Plusieurs citoyens sont ainsi sortis frustrés de cette assemblée, déplorant le peu de cas que l'on a fait de leurs interrogations. « Il faut écrire nos questions, explique un citoyen. Ils vont voir la question. S'ils n'aiment pas la question, on ne la pose pas. Tout est contrôlé. » Une autre citoyenne abondait en ce sens: « On répond aux questions que l'on veut répondre, on ne répond pas à celles dont on ne veut pas, et on répond la même chose qu'on répond toutes les fois sans vraiment aller dans le détail. »

Un autre citoyen estime que les gens avaient été prévenus au début de l'assemblée et que le tout s'était bien déroulé, les contrevenants étant coupés à temps.

« Aucune question sur les témoignages de la commission Charbonneau ne va être acceptée ce soir », a coupé le président de l'assemblée du conseil municipal de Laval, Benoît Fradet, lorsque le président du Mouvement lavallois, David De Cotis, a tout de même tenté de poser une question sur les allégations de la commission Charbonneau.

« C'est un processus judiciaire, a prétendu M. Fradet. Le maire a stipulé qu'on ne commentait pas sur les témoignages de la commission Charbonneau. On va y laisser faire son travail. Il a stipulé qu'on va participer, collaborer avec l'ensemble des instances. Si vous avez des questions sur la gestion de la municipalité, on va les accepter. »

Plusieurs citoyens voulaient obtenir des précisions sur les allégations selon lesquelles la plupart des élus du parti PRO des Lavallois de l'ancien maire Gilles Vaillancourt, depuis 1997, ont participé à un système de prête-noms. L'auteur de ces allégations - l'ancien représentant officiel du parti, l'avocat Jean Bertrand - a précisé que le maire intérimaire Alexandre Duplessis y avait notamment participé.

Laval sous tutelle

Le conseil municipal et le comité exécutif de la Ville de Laval continueront de siéger, mais chacune de leurs décisions devra être analysée et avalisée par les membres de la Commission municipale du Québec (CMQ).

L'administration lavaloise est désormais dans l'incapacité d'émettre des chèques, d'embaucher ou de congédier des employés. Tous ces pouvoirs sont maintenant entre les mains de la CMQ.

Le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, a annoncé en milieu d'après-midi lundi la mise en tutelle de la troisième ville du Québec, réclamée la semaine dernière par le maire intérimaire Alexandre Duplessis. Le Conseil des ministres a adopté le décret au cours d'une séance extraordinaire au téléphone, peu de temps avant sa conférence de presse.

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