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Comité du sénat: les militaires répondent des agressions sexuelles dans leurs rangs

04/06/2013 09:53 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT

Les plus hauts responsables militaires américains ont dû répondre aux questions des élus devant un comité du sénat aujourd'hui, alors que l'administration américaine cherche à s'attaquer aux agressions sexuelles commises au sein de l'armée, souvent en pleine impunité.

Les chefs de l'armée de terre, de la marine, du corps des Marines, de l'armée de l'air et des gardes-côtes, ainsi que le chef de l'état-major interarmes sont entendus pas un comité du sénat qui fait enquête et cherche à savoir pourquoi la culture militaire protège les agresseurs plutôt que les victimes. La vingtaine de responsables interrogés ont subi un interrogatoire musclé, mais se sont montrés réticents à changer la façon dont l'armée gère les plaintes pour agressions sexuelles.

Les responsables militaires appelés à témoigner ont convenu que la situation nécessitait des mesures énergiques. C'est toutefois la façon de le faire qui est sujette à débat.

Des élus ont par exemple suggéré de rendre la justice militaire indépendante de l'autorité des hauts gradés lors d'agressions sexuelles, mais les responsables interrogés ont estimé qu'il était risqué d'aller jusque-là. Ils tiennent à ce que l'autorité militaire du commandant d'une base reste incontestable.

« La majorité des problèmes constatés ne sont pas le fruit de la faillite de notre système de justice militaire, mais plutôt celui de l'incapacité de quelques commandants et responsables à gérer correctement ce système », a déclaré le patron de l'armée de Terre, le général Ray Odierno.

Tristes histoires

Cette enquête du comité du Sénat fait suite à un rapport du Pentagone qui révèle que le nombre de plaintes déposées pour contacts sexuels non désirés s'élève à 26 000 cas, en hausse de 37 % par rapport à 2011. Toutefois, seuls 8 % de ses plaintes ont mené à des démarches en justice.

De plus, les auteurs du rapport croient que ce chiffre est encore bien en deçà de la réalité puisque les victimes hésitent à porter plainte, par peur de représailles.

« Vous avez failli à votre devoir de protéger vos soldats. Vous avez perdu la confiance des hommes et des femmes qui comptent sur vous », a déploré la démocrate Kirsten Gillibrand.

Les histoires propres à faire perdre la confiance des militaires ont fait la manchette au cours des derniers mois. Au début de l'année, un général a annulé la condamnation pour agression sexuelle d'un officier. Puis, le mois dernier, c'est un officier de l'armée chargé de la prévention des violences sexuelles qui a été arrêté après avoir agressé une femme.

Plusieurs projets de loi pour durcir les conséquences pour de tels actes ont été déposées, dont un qui empêcherait un commandant de modifier le jugement d'une cour martiale et un autre qui créerait un poste de procureur indépendant dont le mandat serait de déterminer de la suite à donner à une plainte.

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