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Nouvelle nuit d'affrontements en Turquie

03/06/2013 02:36 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT
AFP

Le président turc, Abdullah Gül, a assuré lundi avoir entendu les manifestants qui défient depuis quatre jours le gouvernement islamo-conservateur. Il les a appelés au calme.

« Une démocratie ne signifie pas seulement [une victoire] aux élections. Il est tout à fait naturel d'exprimer des opinions différentes [...] par des manifestations pacifiques », a dit M. Gül à la presse.

Un peu plus tôt, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a de son côté invité ses compatriotes à ne pas céder aux provocations d'éléments extrémistes, qui, selon lui, manipulent les manifestants.

Nouvelle nuit d'affrontements

De nouvelles violences ont éclaté dans la nuit de dimanche à lundi entre policiers et manifestants, après que ceux-ci eurent occupé la place Taksim, à Istanbul, pour un troisième jour consécutif.

À Izmir, dans l'ouest du pays, des manifestants ont lancé des cocktails Molotov sur la permanence du Parti pour la justice et le développement (AKP), la formation politique du premier ministre Erdogan. Le bâtiment a été partiellement détruit, selon l'agence de presse Dogan.

De violents affrontements ont également éclaté à Istanbul, où toutes les rues menant au bureau du premier ministre avaient été bouclées. Les protestataires, qui avaient érigé des barricades avec du mobilier urbain et des pavés, ont dû composer avec des grenades lacrymogènes lancées par la police. Aucun bilan n'a été communiqué, mais du personnel médical a soigné des blessés dans une mosquée voisine.

Dans le centre d'Ankara, la police a effectué une descente à l'intérieur d'un centre commercial où des manifestants s'étaient réfugiés, selon elle. Des centaines de personnes ont été arrêtées.

Le calme semblait toutefois revenu lundi matin, au quatrième jour du mouvement de contestation, né de l'opposition à un projet immobilier à Istanbul.

C'est l'arrachage de plusieurs arbres dans le parc Gezi, situé sur la place, qui a provoqué une réaction de colère de la part des habitants, et cette réaction de refus s'est transformée en mobilisation contre le gouvernement.

Il s'agit du plus violent mouvement de contestation depuis des années en Turquie.

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