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Chevrette ne mâche pas ses mots à l'endroit de la commission Charbonneau

03/06/2013 09:43 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT
PC

L'ex-ministre péquiste Guy Chevrette en appelle à la Cour supérieure pour faire annuler la décision rendue à son endroit par la commission Charbonneau.

Un texte de Bernard Leduc

Dans sa requête datée du 31 mai, M. Chevrette demande à la cour d'ordonner à la commission de lui octroyer le statut de participant et de lui accorder le droit de contre-interroger « dans un délai raisonnable » Gilles Cloutier, dont les allégations à son endroit ont heurté de front sa réputation.

La requête de M. Chevrette sera officiellement déposée en cour le 18 juin prochain. Gilles Beaulieu, présenté notamment par M. Cloutier comme un complice de M. Chevrette dans une histoire de pot-de-vin, a pour sa part déposé ce lundi une requête en révision judiciaire similiaire. Les requêtes de MM Chevrette et Beaulieu seront entendues le19 août prochain.

M. Chevrette estime dans sa requête que la décision de la commission de ne pas lui permettre de venir rapidement donner sa version des faits, de même que son refus de lui accorder le statut de participant, qui permettrait à son avocat de contre-interroger le témoin, « viole de façon grave ses droits fondamentaux ».

Dans sa requête, il soutient que les allégations de l'ancien vice-président au développement des affaires de la firme Roche et ex-organisateur politique à son endroit sont « gratuites », « fausses et mensongères », et visaient « de toute évidence à lui porter préjudice ».

Il estime que la commission ne s'est pas assurée de corroborer suffisamment les allégations de M. Cloutier, « les procureurs de la commission lui suggérant même à plusieurs reprises des éléments de son témoignage ».

M. Chevrette fait valoir les nombreuses contradictions qui ressortent du témoignage de M. Cloutier, tant au sujet de son rôle dans une histoire de pot-de-vin que sur sa présence à un cocktail de financement du PQ dans la circonscription de Prévost. Il affirme aussi que ce dernier a lui-même admis avoir menti à la commission au sujet d'une résidence secondaire dans Charlevoix.

Or, M. Chevrette souligne que les insinuations de M. Cloutier à son endroit de trafic d'influence et de corruption sont des accusations graves « qui entacheront à jamais » sa réputation.

Chevrette accusé par Cloutier d'avoir magouillé

Lors de son témoignage devant la commission Charbonneau, Gilles Cloutier avait affirmé avoir versé un pot-de-vin de 25 000 $ à Gilles Beaulieu, un ami de Guy Chevrette, alors ministre des Transports.

L'argent aurait été versé dans le cadre d'un contrat pour la construction d'une route reliant Saint-Donat à Lac-Supérieur au début des années 2000, à l'époque où M. Cloutier faisait du développement des affaires pour la firme Roche.

M. Cloutier n'a jamais précisé quel rôle Gilles Beaulieu jouait auprès de Guy Chevrette et a ajouté n'avoir jamais parlé d'argent avec l'ex-ministre péquiste.

« C'est un mythomane et un menteur compulsif. Je nie tout ce qu'il dit », a déclaré M. Chevrette lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada. « J'ai le droit à ma réputation, j'ai le droit de me battre », a-t-il plaidé.

Le contre-interrogatoire de l'avocate du PQ avait permis de faire ressortir certaines contradictions dans le témoignage de M. Cloutier. En effet, ses révélations à la commission sont contredites par des aveux faits à la journaliste Marie-Maude Denis de Radio-Canada. M. Cloutier lui avait alors dit qu'un pot-de-vin de 25 000 $ avait bel et bien été versé, mais pour un contrat de Roche portant sur une portion de la route 125 dans le village de Sainte-Julienne, bien plus au sud que Saint-Donat.

M. Cloutier a finalement soutenu s'être trompé dans ses propos à Marie-Maude Denis et a maintenu sa version des faits initiale.

M. Chevrette n'a pas manqué de relever ces contradictions dans sa requête.

La commission a déjà fait savoir qu'elle convoquerait éventuellement à la barre M. Chevrette.

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