POLITIQUE

CHUM : Québec solidaire demande à l'UPAC d'enquêter

03/06/2013 11:08 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT
PC

Québec solidaire demande à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) de déclencher une enquête au sujet des dépassements de coûts et de l'attribution des contrats publics au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et à son centre de recherche (CRCHUM).

Amir Khadir, député de Mercier, et Françoise David, députée de Gouin, ont tenu une conférence de presse lundi devant les bureaux de l'UPAC en compagnie d'Andrés Fontecilla, président et porte-parole de Québec solidaire, et de Michèle Boisclair, de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

Françoise David a soutenu que le « processus d'octroi des contrats en partenariat public-privé (PPP) du CHUM fait apparaître une série de symptômes que l'on retrouve dans les cas connus de collusion ».

Selon Québec solidaire, ces symptômes sont :

  • L'absence de concurrence pour l'octroi des contrats;
  • L'implication d'entreprises au passé connu de collusion, de corruption ou de pratiques douteuses;
  • Un contrôle déficient des coûts;
  • La proximité entre différents acteurs;
  • Le choix d'un mode de réalisation (les PPP) qui avantage les entreprises privées.

Amir Khadir a dénoncé la « concurrence de façade » dans l'octroi des contrats pour le CHUM et le CRCHUM. Il a rappelé que les concurrents des entreprises gagnantes se sont désistés ou ont été disqualifiés et que les règles des appels d'offres ont changé en cours de route, ce qui soulève « des questions sur l'intégrité du processus ».

Québec solidaire a également des doutes sur la probité des entreprises impliquées dans le projet, citant notamment Dalkia.

Les PPP sur la sellette

Le président de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, a également demandé à l'UPAC de se pencher sur la décision du gouvernement libéral de Jean Charest, au pouvoir de 2003 à 2012, de privilégier le mode de réalisation en PPP.

La première vice-présidente de la FIQ, Michèle Boisclair, a renchéri. Estimant que les cas de « gestion douteuse » se retrouvent dans l'ensemble du réseau de la santé, elle demande à l'UPAC d'enquêter là-dessus, autant que sur le Centre hospitalier de l'Université McGill (CUSM), le CHUM et l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.

La CSN demande à l'AMF d'enquêter

Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) réclame que l'Autorité des marchés financiers (AMF) se penche sur l'octroi des contrats dans les PPP du CHUM, du CRCHUM et du CUSM.

« On retrouve, à tous les échelons de l'organigramme, des entreprises qui font l'objet d'enquêtes de l'Unité permanente anticorruption ou qui sont présentement accusées de fraude et de corruption devant les tribunaux », a signalé le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, par voie de communiqué. 

La centrale syndicale dénonce le « manque total de transparence de la part de toutes les autorités impliquées dans le dossier » et évoque « des ressemblances troublantes entre la façon dont les contrats ont été octroyés et exécutés au CHUM et au CUSM et ceux des infrastructures de Montréal ou de Laval ».

La CSN appelle donc le gouvernement à utiliser la Loi sur l'intégrité en matière de contrats publics pour demander à l'AMF d'enquêter. Elle réclame également que les établissements en PPP soient intégrés au secteur public.

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