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Une mine dirigée par une firme canadienne est assiégée au Kirghizistan

31/05/2013 04:23 EDT | Actualisé 30/07/2013 05:12 EDT
AP

BARSKOON, Kirghizistan - Des centaines de manifestants armés de pierres ont pris d'assaut une mine d'or canadienne du Kirghizistan vendredi, affrontant violemment la police antiémeute et poussant le président du pays à déclarer l'état d'urgence dans la région.

Plus de 50 personnes ont été blessées et 80 manifestants ont été arrêtées, ont indiqué les autorités.

La manifestation a également provoqué une émeute dans la ville de Jalal-Abad, dans le sud du pays, où des centaines de manifestants en colère ont assiégé le bureau du gouverneur.

Les manifestants réclament la nationalisation de la mine d'or de Kumtor, dans le nord-est du Kirghizistan, et une amélioration de leurs avantages sociaux.

La mine, opérée par la société Centerra Gold de Toronto, est la plus grande mine possédée par une entreprise étrangère dans les républiques de l'ex-URSS. La mine de Kumtor compte pour environ 12 pour cent de l'économie kirghize et se trouve au centre d'un débat passionné entre ceux qui demandent sa nationalisation et les autorités, qui estiment qu'un tel revirement éloignerait les investisseurs étrangers.

Le mouvement de protestation a commencé plus tôt cette semaine, quand des manifestants ont bloqué la route menant à la mine.

Jeudi soir, plusieurs centaines de manifestants, certains à dos de cheval, ont attaqué un transformateur électrique dans le village de Tamga et ont coupé l'alimentation de la mine pendant plusieurs heures. La police antiémeute est intervenue au milieu de la nuit, arrêtant 80 personnes et rétablissant le courant.

Vendredi, la police antiémeute a eu recours à des grenades assourdissantes et à des balles en caoutchouc pour disperser quelque 2000 manifestants qui tentaient d'entrer dans les bureaux de la mine de Kumtor, a indiqué le ministère de la Santé.

Au moins 55 personnes, dont 13 policiers, ont été blessées dans les affrontements. Un véhicule appartenant à la police a été incendié.

Le président kirghize, Almazbek Atambayev, a déclaré l'état d'urgence dans la région. Le ministre de la Défense a annoncé le déploiement de soldats pour protéger les installations stratégiques de la mine.

Le mouvement de protestation s'est répandu rapidement et a atteint la ville de Jalal-Abad, dans le sud du pays. Des centaines de personnes sont entrées dans les bureaux du gouverneur local, d'où ils ont chassé les responsables avant de nommer un «gouverneur du peuple», a rapporté l'agence de presse Interfax.

Selon l'agence, les manifestants demandent la libération de plusieurs députés détenus depuis le mois d'octobre après avoir manifesté dans la capitale pour réclamer la nationalisation de la mine de Kumtor. Ils sont accusés de tentative de coup d'État.

Les manifestants ont l'intention de nommer des maires et des administrateurs à travers la province de Jalal-Abad, affirme Interfax.

Des médias kirghizes ont laissé entendre vendredi que les rivaux politiques du gouvernement pourraient être derrière les manifestations. L'ancien président Roza Otunbayeva a déclaré à l'agence AKIpress qu'il s'agissait d'une tentative de renversement du gouvernement.