POLITIQUE

Enbridge: gens d'affaires et syndicats offrent leur appui au projet d'inversion

29/05/2013 06:39 EDT | Actualisé 29/07/2013 05:12 EDT
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MONTRÉAL - Une coalition formée de groupes issus du milieu des affaires et de syndicats a offert son appui mercredi au projet d'inversion de la Ligne 9 d'Enbridge (TSX:ENB), soutenant que cette initiative maintiendrait près de 2000 emplois dans le secteur pétrochimique au Québec et réduirait la dépendance de la province au pétrole provenant de l'extérieur de l'Amérique du Nord.

Enbridge prévoit inverser le flot d'un tronçon du pipeline entre Montréal et Westover, en Ontario, et faire passer la capacité de l'oléoduc de 240 000 à 300 000 barils par jour. Rétablir le sens d'écoulement originel de la Ligne 9 permettrait aux raffineries de Montréal et de Lévis d'avoir accès au pétrole produit à partir des sables bitumineux de l'Ouest canadien.

«Le Québec a intérêt à tirer profit rapidement de ce projet porteur, qui contribuerait à sauvegarder nos deux dernières raffineries et à générer ou consolider quelque 2000 emplois directs et indirects hautement rémunérés», a déclaré Françoise Bertrand, la présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec, dans un communiqué.

Mme Bertrand a fait remarquer que l'industrie pétrochimique québécoise avait été durement touchée au cours des dernières années et que le projet serait bénéfique pour les raffineries de Montréal et Lévis.

«Notre balance commerciale serait également allégée de l'onéreuse facture de 15 milliards de dollars que nous payons actuellement pour importer le pétrole de pays d'outre-mer de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient», a-t-elle indiqué.

Daniel Cloutier, représentant national pour le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, a pour sa part affirmé que le projet respectait les normes sur le plan environnemental et que le Québec n'avait pas les moyens de s'en passer.

«Il s'agit de consolider et de développer des emplois et de créer de la richesse pour les décennies à venir», a-t-il fait valoir.

Cet avis est partagé par le ministre fédéral des Ressources naturelles, Joe Oliver, qui a assuré que le gouvernement de Stephen Harper était en faveur de l'inversion de la Ligne 9. «Le transport de davantage de pétrole canadien vers le Québec protégerait des emplois syndiqués et la croissance économique tant au Québec que dans le reste du Canada», a-t-il soutenu dans une déclaration transmise par courriel.

Le ministre Oliver a également rappelé que Valero, à qui appartient la raffinerie de Lévis, avait laissé entendre que les 500 emplois de son usine seraient en péril si le projet n'obtenait pas le feu vert.

Construit dans les années 1970, le pipeline servait au départ à transporter du pétrole de l'est vers l'ouest. Le flot a toutefois été inversé il y a une vingtaine d'années afin de répondre aux exigences du marché de l'époque. Enbridge doit maintenant obtenir une approbation réglementaire pour que la Ligne 9 puisse retrouver son sens d'écoulement d'origine.

Les organisations environnementalistes ont mis sur pied une campagne contre le projet d'inversion, en faisant valoir qu'il s'agit d'une façon pour l'industrie des sables bitumineux de se doter d'installations lui permettant d'exporter sa production de pétrole «sale» vers l'est.

Le Conseil du patronat du Québec, l'Association industrielle de l'est de Montréal et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain comptent parmi les associations ayant accepté de se joindre à la coalition.

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