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Militaire poignardé à la Défense: le jeune homme interpellé a reconnu les faits

29/05/2013 07:02 EDT | Actualisé 28/07/2013 05:12 EDT
AFP

L'auteur présumé de l'attaque contre un militaire à La Défense, un jeune converti à l'islam "à la fin de sa minorité", a sans doute "agi au nom de son idéologie religieuse", a affirmé mercredi 29 mai le procureur de Paris lors d'une conférence de presse.

Prénommé Alexandre, ce jeune homme qui aura 22 ans jeudi, "a reconnu les faits" lors de son interpellation mercredi matin dans les Yvelines, a précisé François Molins. Le procureur, qui a dénoncé sa "volonté de tuer assez évidente" et a évoqué une "détermination impressionnante", a fait le récit, à l'appui des nombreuses images de vidéosurveillance, de la préparation minutieuse du jeune homme avant qu'il ne passe à l'acte.

Il a précisé qu'il n'était pas connu des services de renseignement et que son identité avait simplement été contrôlée en 2009 à l'occasion d'une prière de rue. "A part cette prière de rue, il n'y a pas d'autre élément pouvant laisser croire à sa dangerosité", a précisé à son côté le directeur de la police judiciaire, Christian Flaesch. Selon lui, le jeune homme est issu d'une "famille qui paraît tout à fait honorable".

Une "détermination impressionnante"

Alexandre D. a planté samedi, dans le cou du militaire en patrouille Vigipirate à La Défense, "probablement un couteau de type Laguiole", a dit le procureur. L'entaille n'a pas "sectionné d'élément vital" et le militaire hospitalisé a reçu 10 jours d'ITT. L'auteur n'a pas hésité "à porter plusieurs coups" avec une "détermination impressionnante", a insisté le procureur. Après la découverte de son sac, laissé sur place, les enquêteurs ont envisagé "dès samedi" la "commission d'une action terroriste" et ont pu dès dimanche "isoler son profil génétique".

Le visionnage des images de vidéosurveillance du centre commercial des Quatre temps et de la RATP ont permis de constater que "l'auteur des faits, à 17H46, a fait une prière musulmane", soit huit minutes avant l'attaque qui a eu lieu à 17H54. Une heure plus tôt, à 16H44, il achetait deux couteaux dans un hypermarché du centre commercial, a précisé le procureur.

Né le 30 mai 1991, le jeune homme, qui n'était "connu que pour de petits délits", n'avait pas de casier judiciaire mais plusieurs rappels à la loi. Il a été interpellé chez une de ses amies, qui n'a "a priori aucune implication dans les faits" et "ne savait pas qu'il était recherché". Alexandre "a reconnu les faits", il "savait pourquoi ils (les policiers) étaient là".

En savoir plus sur ses motivations

"Il faut en savoir plus sur ses motivations, sur son parcours, sur son environnement familial", a déclaré Manuel Valls qui a appelé à la prudence sur itélé.

L'agression du militaire, qui avait été blessé à la gorge et avait été hospitalisé ce week-end, était survenue trois jours après le meurtre à Londres d'un soldat britannique par deux islamistes radicaux. Elle avait suscité l'émoi des militaires en France, un peu plus d'un an après l'assassinat de sept personnes, dont trois militaires par Mohamed Merah.

A ce propos, le ministre de l'Intérieur, a dit mercredi qu'il y avait, selon lui, "plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines, de Merah potentiellement dans notre pays". Il a fait état à la télévision des "jeunes qui ont déjà eu affaire à la justice pour des faits de délinquance" et "qui se radicalisent" par internet ou par le biais d'imams radicaux.

L'agression du militaire, qui participait au déploiement antiterroriste dans le cadre du plan Vigipirate, avait été filmée par la vidéosurveillance et la police disposait d'images nettes. Elle disposait également d'un sac abandonné par l'agresseur, contenant un couteau et une bouteille de boisson, ce qui a permis d'identifier l'homme, notamment grâce à ses traces ADN, a précisé une source policière. A la suite de ces avancées, la police judiciaire parisienne a déployé un très important dispositif de surveillance, notamment autour de Trappes dans les Yvelines, pour prévenir toute récidive.

"L'auteur présumé de l'agression contre un militaire samedi soir à la Défense a été interpellé ce matin à La Verrière dans les Yvelines", selon un communiqué de Manuel Valls lu à l'AFP. Le ministre exprime "sa gratitude aux policiers de la brigade criminelle. "L'enquête menée sous l'autorité du parquet antiterroriste devra déterminer quels ont été le parcours, l'environnement et les motivations de ce jeune homme", selon le texte.

L'agression du militaire est survenue trois jours après le meurtre à Londres d'un soldat britannique par deux islamistes radicaux. Cédric Cordiez, 23 ans, soldat de première classe du 4e régiment de chasseurs de Gap, a pu quitter lundi l'hôpital Percy de Clamart, où il avait été admis.