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Des documents ouvrent la porte à un appel dans l'affaire du meurtrier Edens Kenol

29/05/2013 07:14 EDT | Actualisé 29/07/2013 05:12 EDT

Edens Kenol, condamné à la prison à vie pour le meurtre de son ex-conjointe, pourrait bien avoir un excellent motif d'en appeler du verdict du jury rendu le 16 mai dernier.

Un texte d'Isabelle Richer

Après la fin du procès, des documents, qui ne proviennent pas de la preuve, ont été découverts dans la salle où se réunissent les jurés pour leurs délibérations. Ces documents, trouvés notamment sur Internet, concerneraient des questions de droit relativement au harcèlement criminel, une question qui était au coeur de l'affaire.

L'accusé, Edens Kenol, ne supportait pas la séparation, ni le fait que la victime, Maria Altagracia Dorval, fréquentait un autre homme. Dans les semaines précédant le crime, survenu en octobre 2010, Kenol a harcelé à répétition son ex-conjointe, lui téléphonant et la suivant sans cesse.

Elle avait même porté plainte à la police quelques jours avant le drame, mais le dossier n'a pas été traité par le Service de police de la Ville de Montréal et Mme Dorval a été assassinée dans la nuit du 17 octobre 2010.

L'avocat d'Edens Kenol, Me Patrick Davis, entend porter le verdict en appel, notamment en raison des documents trouvés dans les notes d'un juré.

« Ces documents n'auraient jamais dû se trouver entre les mains du jury », a déclaré l'avocat de la défense. « Ça va totalement à l'encontre des directives que le juge a données au jury, soit de se baser exclusivement sur la preuve faite devant eux et de ne tenir compte que des documents déposés au cours du procès. Si les jurés ont besoin d'éclaircissements sur des questions de droit, ils doivent s'adresser au juge et non pas faire une recherche sur Internet », a ajouté Me Davis.

De son côté, le procureur de la Couronne responsable du dossier, Me Jacques Dagenais, reconnaît que la situation est inusitée, mais il rappelle que la preuve contre Edens Kenol était accablante.

« Selon ce qu'on sait, ces documents proviennent du ministère de la Justice fédéral et ils rapportent de la doctrine, du droit. Il ne s'agit pas de coupures de journaux sur les faits de la cause », a souligné Me Dagenais.

La défense dispose de 30 jours pour s'adresser à la Cour d'appel.

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