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Conférence internationale sur la Syrie : la position ambiguë de l'opposition syrienne

29/05/2013 04:47 EDT | Actualisé 28/07/2013 05:12 EDT

Après sept jours de tiraillements à Istanbul, en Turquie, les membres de la Coalition nationale syrienne (CNS) ont accouché d'un texte qui ne précise pas si l'opposition participera ou pas à la conférence internationale sur le conflit syrien, qui doit avoir lieu en juin à Genève.

Or, l'un des objectifs de cette réunion était de prendre position au sujet de la conférence.

Profitant des divisions de l'opposition, le régime a annoncé pour sa part qu'il participerait à la rencontre sans poser de condition.

Dans le texte lu à la presse, il est dit que « la Coalition syrienne réaffirme son engagement à respecter les objectifs de la révolution et le cadre politique fixé le 15 février 2013, qui exige le départ des dirigeants du régime, comme celui des chefs de l'armée et des forces de sécurité, et leur exclusion de toute solution politique ».

« La participation des Syriens à toute conférence [de paix] est conditionnelle à la présentation d'une date butoir pour un accord et de nécessaires garanties internationales pour assurer son respect », affirme le texte adopté par les membres de la CNS.

Un porte-parole de la Coalition a cependant ajouté que ces demandes ne constituaient pas un préalable à une participation à la conférence.

Guerre d'influence

L'impasse dans laquelle se trouve l'opposition syrienne est due en partie à la lutte que se livrent l'Arabie saoudite et le Qatar, les deux principaux soutiens financiers de la rébellion syrienne, ainsi que les puissances occidentales, pour contrôler la CNS.

Le Qatar, grand pourvoyeur d'armes à la rébellion, se démène pour qu'elle reste sous le contrôle des Frères musulmans. Selon le Financial Times, le Qatar aurait dépensé plus de 3 milliards de dollars pour la rébellion syrienne.

Face à lui, l'Arabie saoudite joue la carte des groupes rebelles plus radicaux et veut réduire l'influence des Frères musulmans en élargissant la coalition à d'autres membres, comme les partisans de l'opposant historique, marxiste et laïc Michel Kilo.

Mercredi après-midi, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, l'ambassadeur des États-Unis en Syrie, Robert Ford, un diplomate français chargé du dossier syrien, un diplomate qatari et un responsable du renseignement saoudien se sont invités à la réunion des opposants syriens dans le but de faire aboutir les discussions.

L'opposition intérieure dénonce la CNS

Des activistes de l'intérieur ont accusé mercredi l'opposition en exil de saper l'insurrection.

Quatre groupes d'opposition basés en Syrie et regroupés au sein du Mouvement révolutionnaire se disent consternés par « la discorde persistante » qui mine la Coalition. Ils ont estimé que la réunion d'Istanbul constituait « une timide tentative d'ajouter des personnes [...] qui n'ont aucune influence réelle sur la révolution ».

Les insurgés exigent que la moitié au moins des organes de direction de la coalition soit composée de membres des « forces révolutionnaires ». Dans un « dernier avertissement », ils déclarent « ne pouvoir accorder une légitimité à un organisme politique qui trahit la révolution ».

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