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Union européenne : décision floue sur la livraison d'armes aux rebelles syriens

27/05/2013 08:08 EDT | Actualisé 27/07/2013 05:12 EDT

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) n'ont pas réussi à trouver un accord sur l'embargo sur les armes livrées à l'opposition syrienne

Cependant, pour le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, en l'absence d'un accord, l'embargo sur les armes sera de fait levé puisqu'il arrivera à échéance le 1er juin.

Des diplomates ont indiqué toutefois que les gouvernements de l'UE vont s'abstenir dans un premier temps de fournir des armes aux rebelles, sans donner plus de précisions

M. Hague a précisé que son pays n'envisageait pas dans l'immédiat de livrer des armes aux rebelles.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a indiqué pour sa part que les gouvernements de l'UE réexamineront les sanctions contre la Syrie avant le 1er août.

L'UE a toutefois reconduit pour une année les sanctions financières et économiques contre la Syrie.

L'opposition ne se décide pas

De son côté, après quatre jours de réunion à Istanbul, en Turquie, l'opposition syrienne n'arrive toujours pas à décider si elle doit participer ou pas à la conférence internationale sur le conflit, qui doit avoir lieu en juin à Genève, en Suisse.

Le régime syrien a donné pour sa part son « accord de principe » pour participer à la rencontre.

Réunie depuis jeudi, la Coalition nationale syrienne (CNS) doit élire un président, décider de sa participation à la conférence et dans la foulée désigner les membres de la délégation qui doit se rendre à Genève. Autant de points qui divisent la CNS, qui est en crise depuis la démission de son président Ahmed Moaz Al-Khatib.

Cependant, l'opposition a exhorté l'Union européenne (UE) à lever son embargo sur les armes.

« Pas une mince affaire »

Washington et Moscou qui sont derrière l'idée de l'organisation d'une conférence internationale sur la Syrie poursuivent les préparatifs.

Lundi, le secrétaire d'État américain, John Kerry, a rencontré à Paris son homologue russe, Sergueï Lavrov, qui a reconnu que l'organisation de la conférence ne sera « pas une mince affaire ».

Un des points abordés par les deux diplomates est la liste des représentants du régime syrien et de l'opposition.

Pendant ce temps, les combats font rage en Syrie, où l'armée syrienne, appuyée par les combattants du Hezbollah, mène une offensive contre les insurgés dans la région de Qousseïr.

Parallèlement, le Liban est peu à peu entraîné dans le conflit syrien. Lundi, des obus tirés de la Syrie contre un fief du Hezbollah dans l'est du Liban ont causé la mort d'une femme.

« Un cauchemar », selon Navi Pillay

À Genève, la haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a prévenu lundi la communauté internationale qu'un « cauchemar » se dessine en Syrie, où les massacres, la torture et les exactions atteignent des proportions inquiétantes. Une situation aggravée, note Mme Pillay, par la multiplication des rapports d'utilisation d'armes chimiques par les belligérants.

« Une catastrophe humanitaire, politique et sociale nous frappe déjà, et ce qui nous attend est véritablement un cauchemar », a déclaré Mme Pillay, lors de l'ouverture de la 23e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

« Je crains que la communauté internationale ne réussisse pas à remplir ses obligations fondamentales envers les victimes », a poursuivi Mme Pillay qui réclame des « actions tangibles pour arrêter l'escalade des souffrances et des effusions de sang en Syrie ».

Un débat d'urgence sera tenu mercredi au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à la demande des États-Unis, du Qatar et de la Turquie. La réunion portera sur la détérioration de la situation des droits de l'homme en Syrie et les récentes tueries commises à Qousseir, où les troupes gouvernementales, soutenues par le Hezbollah, et les rebelles se livrent une bataille acharnée pour le contrôle de la ville.

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