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La patronne du FMI devant la justice française

23/05/2013 07:41 EDT | Actualisé 23/07/2013 05:12 EDT

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, est arrivée jeudi matin à la Cour de justice de la République, à Paris, pour s'expliquer sur son rôle dans l'arbitrage rendu en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie, en 2008.

D'après son avocat, Yves Repiquet, l'audition qui déterminera si elle sera ou non accusée pourrait se poursuivre jusqu'à vendredi. Cette enquête visant Christine Lagarde est ouverte depuis l'été 2011 à la Cour pour « complicité de détournement de fonds publics et de faux » lorsqu'elle était ministre de l'Économie et des Finances en France dans un contentieux qui remonte à 1993.

Quoi qu'il advienne, l'avenir de Mme Lagarde à la tête du FMI, même si elle était accusée ne semble pas menacé dans l'immédiat.

Bernard Tapie, Adidas et le Crédit Lyonnais

L'affaire concerne la saga judiciaire de l'homme d'affaires Bernard Tapie contre le Crédit Lyonnais, qui était alors sous la tutelle de l'État. Il accusait l'institution, qui l'avait aidé à acheter Adidas en 1990, de l'avoir floué lors de la revente de l'entreprise trois ans plus tard.

Après de nombreuses démarches judiciaires, Mme Lagarde, alors ministre, a accepté en 2007 de soumettre le litige à un arbitrage privé, même si l'affaire impliquait des fonds publics puisque le Crédit Lyonnais étant sous la tutelle de l'État, c'est finalement les contribuables français qui ont dédommagé M. Tapie. Des arbitres lui ont accordé, en 2008, 395 millions d'euros (plus de 500 millions de dollars canadiens) en dommages et intérêts.

La ministre Lagarde qui aurait dû selon certains contester la décision du tribunal d'arbitrage aurait plutôt demandé qu'il n'y ait pas d'appel. C'est précisément cette décision et les raisons qui l'ont motivée qui intéressent les procureurs dans cette affaire.

De son côté, Mme Lagarde affirne que sa décision était « la meilleure solution à l'époque » pour mettre fin à neuf procédures judiciaires distinctes et coûteuses et qu'elle n'a tiré aucun profit personnel de cette affaire.

Mercredi, le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici, a d'ailleurs confirmé que le gouvernement envisageait un recours en nullité contre l'arbitrage à la suite duquel l'homme d'affaires Bernard Tapie a perçu quelque 400 millions d'euros.

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