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Stephen Harper ne savait pas pour le don de 90 000$ et ne l'aurait pas permis

22/05/2013 04:33 EDT | Actualisé 22/05/2013 04:34 EDT
CP

OTTAWA - Le premier ministre Stephen Harper a confirmé qu'il n'était pas au courant du chèque de 90 000 $ fait par son chef de cabinet au sénateur Mike Duffy pour lui permettre de rembourser le Sénat, et que s'il l'avait su il ne l'aurait jamais permis.

En visite officielle au Pérou mercredi, M. Harper a finalement fait face à la musique: il a répondu pour la première fois à des questions des journalistes au sujet de l'implication de son bureau et de Nigel Wright, son chef de cabinet qui a depuis démissionné.

Mardi, dans la salle du caucus conservateur à Ottawa, M. Harper avait parlé du scandale des dépenses du Sénat, mais n'avait pas mentionné M. Wright. Et il n'avait pas voulu répondre aux journalistes qui ont crié leurs questions, en vain.

Le premier ministre avait toutefois indiqué que les règles sur les dépenses seraient resserrées.

Ce "cadeau" de 90 000$ de la part de M. Wright avait permis au sénateur Duffy de rembourser le Sénat pour les allocations de résidence secondaire et d'autres dépenses qu'il avait réclamées sans y avoir droit.

Jeudi dernier, M. Duffy avait démissionné du caucus conservateur, imité le lendemain par la sénatrice Pamela Wallin pour les mêmes raisons. Et dimanche, c'était au tour de M. Wright de quitter son poste dans la foulée du scandale.

Le sénateur indépendant Patrick Brazeau et le libéral Mac Harb se sont fait sommer par le Sénat de rembourser leurs allocations mais ils contestent tous deux cet ordre.

La commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, Mary Dawson, a confirmé mercredi qu'elle a entamé une étude en vertu de la Loi sur les conflits d'intérêts concernant la participation de M. Wright dans le remboursement des dépenses d'un sénateur.

Mais mercredi matin, le chef du Nouveau parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a rappelé que beaucoup de questions demeurent sans réponse à ce sujet.

"M. Harper doit s'engager à mettre les documents sur la table et raconter la vraie histoire".

Et mardi soir, un comité sénatorial a décidé d'examiner à nouveau les réclamations de dépenses de M. Duffy.

Car il a aussi été allégué que M. Duffy avait accepté de rembourser le Sénat sans trop discuter, en échange d'un rapport moins incriminant au sujet de ses dépenses.

Dans un communiqué transmis mercredi, le sénateur Duffy a dit accueillir favorablement la décision du comité de se pencher à nouveau sur son cas.

Les Canadiens méritent d'avoir tous les faits, a-t-il indiqué, se disant confiant qu'ils les auront.

Il dit avoir l'intention de coopérer pleinement avec le comité et les autres autorités, mais qu'il ne fera plus d'autres commentaires d'ici la fin de cette affaire.

M. Duffy était toutefois présent au Sénat mercredi, assis un peu à l'écart des conservateurs, avec Mme Wallin.

Abolition du Sénat

Surfant sur le scandale des dépenses au Sénat, M. Mulcair en a profité pour mettre de l'avant son plan d'abolir la Chambre haute et d'en arracher le tapis rouge.

Le NPD a lancé mercredi une vaste consultation _ site web à l'appui _ auprès des Canadiens sur le sort qui devrait être réservé au Sénat.

Pour le NPD, la réponse est simple: l'abolition pure et simple.

La Chambre haute a été remplie par des collecteurs de fonds du Parti conservateur et par des personnes qui ont été rejetées par les électeurs, a souligné M. Mulcair.

Le Sénat, une institution "vétuste", n'a pas de raison d'être et ne doit surtout pas servir à modifier les décisions des élus, a martelé M. Mulcair en point de presse. Malgré son objectif clair, il promet toutefois de consulter les Canadiens et les provinces.

Le chef promet de faire campagne sur l'abolition du Sénat lors des prochaines élections.

"Le soutien du public ne peut être plus important", a indiqué M. Mulcair.

Et contrairement à M. Harper, le NPD ne va pas juste dire qu'il va abolir le Sénat, il va le faire, a lancé M. Mulcair.

M. Mulcair s'est défendu de se servir du scandale et soutient que les Canadiens ne sont pas indignés uniquement en raison des sénateurs qui ont réclamé indûment des allocations de résidence et d'autres dépenses.