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Haltes routières : un dérapage signé PPP

21/05/2013 05:01 EDT | Actualisé 20/07/2013 05:12 EDT

Le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, demande au Vérificateur général d'examiner le partenariat public-privé qui a mené à la la construction et l'exploitation de sept aires de services au Québec.

Un texte dePascal Poinlane

Les haltes routières construite ou rénovées entre 2009 et 2010 devaient permettre des économies de 17 millions de dollars, soutenir 280 emplois durant la phase de construction et 720 emplois pendant la période d'exploitation. Il s'agissait du premier partenariat public-privé au Québec.

En 2008, le ministère des Transports et la firme retenue, Immostar, ont créé la société en commandite Aires de service Québec. La société en commandite était chargée de rénover, d'exploiter et d'entretenir les sept haltes routières jusqu'à 2040. Sur les 35 millions de dollars du projet, 31 étaient financés par le privé. Le gouvernement promettait à l'époque un partage des risques et des profits entre le gouvernement et le secteur privé.

Le projet déraille

En 2008, le ministère des Transports bonifie sa contribution de 3,1 millions de dollars. Certaines aires de services ont ouvrent leurs portes avec plusieurs mois de retard. D'autres sont en avance sur l'échéancier.

Mais voilà qu'en décembre 2012, la société en commandite se place sous la protection de la loi sur les faillites. Le gouvernement gère seul les aires de service depuis janvier dernier.

D'autre part, la société en commandite, pourtant une créature de Québec, poursuit le gouvernement en Cour supérieure pour une somme de 55 millions de dollars. Ce montant inclut le coût de construction des sept haltes routières. La société fait valloir que le ministère des Transports ne respecte pas l'entente initiale. Loin de s'opposer à l'examen du vérificateur général, la société Immostar applaudit, de même que David Cannon, investisseur de la société en commandite Aires de service Québec.

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Ce qu'en pensent les usager de la halte de Saint-Augustin ?

À la défense des PPP

De passage dans la région du Saguenay Lac Saint Jean, le chef du parti Libéral du Québec, Philippe Couillard, a déclaré que d'autres partenariats public-privés étaient plutôt réussis. Il ne s'objecte pas à ce que le Vérificateur général épluche les documents découlant de la création de la société en commandite Aires de service Québec.

À la Coalition Avenir Québec (CAQ) aussi, on défend l'utilisation des partenariats public-privé dans certains cas. Mais pour le projet des haltes routières, le chef de la CAQ a des réserves.

« Le concept des PPP, partager le risque avec le privé, je ne suis pas contre ça. Maintenant, comment ça a été fait, comment ça a été suivi, il y a des questions qui se posent », affirme François Legault, chef de la CAQ.

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