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Crack : Rob Ford garde le silence

21/05/2013 03:14 EDT | Actualisé 20/07/2013 05:12 EDT

Le maire de Toronto, Rob Ford, a fui les journalistes à son arrivée à l'hôtel de ville et lors de son départ. Il ne s'est donc pas adressé aux médias ou fourni plus de détails au sujet d'une vidéo montrant une personne qui lui ressemble en train de fumer ce qui semble être du crack.

Pendant ce temps, au moins deux de ses alliés au conseil municipal de Torontole défendent, mais sous réserve.

L'ancien chef du budget Mike Del Grande affirme qu'il n'a jamais vu chez le maire de « signe » d'alcoolisme ou de dépendance aux drogues, tout en ajoutant que ce n'est pas un « test décisif ».

Son collègue Peter Milczyn, vice-président de la Commission des transports et président du comité de la planification, abonde dans le même sens.

Les conseillers Milczyn et Del Grande pressent par ailleurs le maire de clarifier la situation, qui porte ombrage aux affaires de la Ville, selon eux.

Jusqu'à maintenant, le maire Ford s'est contenté de dire, vendredi dernier, que les allégations étaient « ridicules » et qu'il s'agissait d'une autre « attaque du Toronto Star ». Son frère, le conseiller Doug Ford, est le seul à l'avoir défendu sans réserve.

Des élections municipales auront lieu l'an prochain, et même les alliés traditionnels de M. Ford semblent vouloir prendre leurs distances face à un maire qui accumule les controverses depuis son élection, en 2010.

La vidéo

Le responsable du site américain Gawker, qui avait publié les allégations en premier jeudi dernier, affirme qu'il a vu la vidéo dans laquelle on apercevrait Rob Ford en train de fumer ce qui semble être du crack, après avoir été abordé par quelqu'un qui tentait de la lui vendre. Il ne l'a toutefois pas achetée.

Des journalistes du Toronto Star disent aussi avoir vu la vidéo en question. La reporter Robyn Doolittle raconte qu'elle avait visionné l'enregistrement avec un collègue il y a deux semaines, sur le téléphone cellulaire d'un présumé trafiquant de drogue qui disait avoir fourni du crack au maire. Il voulait leur vendre la vidéo au coût d'au moins 100 000 $, mais ils ont refusé.

Le Star, accusé par le maire d'attaques injustifiées dans le passé, n'a publié un article sur le sujet que vendredi, soit après que les allégations eurent d'abord été faites sur le site Gawker, parce que l'histoire était plus solide, selon Mme Doolittle. La journaliste est « certaine à 100 % » que l'homme qu'elle a vu dans la vidéo était Rob Ford.

L'avocat du maire a affirmé, lui, que les allégations étaient diffamatoires; il met en doute l'authenticité de la vidéo, qu'il n'a pas vue lui-même. Me Dennis Morris a expliqué que la bande « aurait pu être truquée » et que son contenu n'était pas clair.

Me Morris ajoute que l'apparence anormale du maire dans la vidéo, si elle est authentique, pourrait être le résultat de différents facteurs. Par exemple, dit-il, « quelqu'un qui a pris des médicaments » peut avoir l'air anormal.

Pour sa part, la police de Toronto « surveille la situation de près », selon un porte-parole.

Le crack est un dérivé fumable de la cocaïne, très concentré et se présentant sous la forme de cristaux toxiques.

Allégations passées

En mars dernier, le maire Ford avait nié catégoriquement souffrir d'alcoolisme, accusant le Toronto Star de véhiculer à nouveau « des mensonges, des mensonges » à son endroit. 

Il avait accusé les journalistes du quotidien d'être des « menteurs pathologiques ». « Poursuivez-moi [en diffamation]! », avait aussi lancé le maire à leur endroit, visiblement en colère, à la suite d'un point de presse pour rendre hommage au boxeur George Chuvalo. M. Ford avait ajouté que les électeurs trancheraient lors des prochaines élections, en 2014.

Son frère et conseiller municipal, Doug Ford, avait affirmé sur les ondes d'une radio privée n'avoir « jamais vu Rob boire à un seul événement ».

Par ailleurs, en mars dernier, l'ancienne candidate à la mairie et critique de M. Ford Sarah Thomson avait affirmé que le maire lui avait agrippé les fesses, en plus de lui avoir fait des avances, lors d'une fête. Elle avait même soutenu que le maire semblait être drogué, racontant que son comportement n'était pas normal. Rob Ford avait rejeté ces allégations en bloc.

Le frère du maire, Doug Ford, avait accusé le Star de mener une vendetta politique contre le maire; il avait invité le quotidien à « nommer ses sources » si ses allégations étaient fondées.

Doug Ford avait rejeté, toutefois, l'idée de poursuivre le quotidien en diffamation, affirmant que « ce serait de jouer leur jeu » et précisant que sa famille avait déjà dépensé près d'un demi-million de dollars en frais d'avocat pour défendre en cour le maire contre des allégations non fondées.

Depuis son élection il y a deux ans, Rob Ford a fait face à des recours judiciaires relativement à ses dépenses électorales et à de présumés conflits d'intérêts. Dans ce dernier dossier, le maire a échappé de peu à la destitution en janvier, après qu'un tribunal eut annulé sa condamnation en appel.

Alors qu'il était conseiller municipal, M. Ford a dû s'excuser auprès d'un couple de résidents de l'extérieur de la ville qu'il avait insultés lors d'un match de hockey, alors qu'il était ivre. Le couple s'était plaint qu'il faisait trop de bruit. « Veux-tu que ta petite femme aille en Iran et se fasse violer et tuer? », avait lancé Rob Ford. Il avait d'abord nié les événements avant d'admettre ses torts.

Durant la dernière campagne électorale, M. Ford a par ailleurs nié avoir été arrêté pour conduite en état d'ébriété et possession de marijuana en Floride en 1999. Il avait ensuite concédé que l'histoire était véridique, affirmant qu'il l'avait « oubliée ».

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