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Coeur de pirate: retour aux sources (CRITIQUE/PHOTOS)

18/05/2013 07:05 EDT | Actualisé 18/07/2013 05:12 EDT
Jean-François Cyr

Cœur de pirate connaît un succès plus que respectable en France. Elle a réussi une percée non négligeable aux États-Unis et continue de plaire au public québécois. La jeune chanteuse a raflé plusieurs récompenses au fil du temps, dont le Félix du meilleur album pop pour Blonde ainsi que celui de l'interprète féminine de l'année 2012 à l'ADISQ. Après une pause maman, elle revient à ce qu'elle faisait au tout début de sa carrière, à savoir un spectacle plus intime qu'elle a notamment proposé aux Lavallois, vendredi soir, à l'Église Sainte-Rose.

Nouveau défi ? Peut-être. Ce n'est certainement pas par faute de moyens que Béatrice Martin choisit l'approche solo. Avec sa nouvelle tournée, la chanteuse revisite son répertoire dans une approche sans artifice : une voix et un piano. Et n'oublions jamais que Cœur de pirate a commencé à défendre ses chansons seule au piano. Charmante façon diront certains de renouer avec le public québécois qu'elle n'avait pas vu depuis un certain temps.

Qu'à cela ne tienne, Cœur de pirate ne déstabilise personne avec cette nouvelle formule. L'intimité, la douceur, la fragilité, la candeur font sa marque. Des qualités qui imprègnent depuis toujours son univers artistique, que ce soit dans un spectacle en solitaire ou entourée de plusieurs musiciens. Seule différence, l'effet est accentué en solo.

À l'église

Assise devant un piano à queue noir, la musicienne ouvre le bal avec une jolie interprétation instrumentale. Un silence impressionnant règne dans la salle, pratiquement remplie. Il faut croire que les gens attendaient avec impatience sa venue à Laval.

Elle n'a peut-être pas de nouveau morceau à offrir, mais on semble ne pas lui en tenir rigueur. Bien au contraire. Sur les lèvres, on perçoit les paroles des premières chansons : Cap diamant, Adieu, Fondu au noir, Ensemble, Pour un infidèle, Le long du large et Saint-Laurent défileront une après l'autre dans la quiétude.

Bien que Béatrice semble un brin fatiguée, la bonne humeur est contagieuse. De toute évidence, les spectateurs apprécient son travail et elle leur rend plutôt bien. Elle jase, sourit et partage quelques remarques flatteuses à propos du public.

À la reprise de la pièce You Belong to Me, vieux succès des années '50, elle glissera quelques mots pour expliquer le choix de cette ballade pop : « Mon père chantait cette vieille chanson quand j'étais petite. Maintenant, c'est moi qui la chante à ma fille pour l'endormir. »

Changement de ton par la suite alors que Cœur de pirate se lèvera pour interpréter deux morceaux (Verseau puis Hôtel amour) à la guitare acoustique. Elle n'est pas une virtuose de cet instrument et elle l'admet volontiers. Une initiative qu'elle ne prend pas d'ordinaire avec ses musiciens. Pas bien grave, elle se lancera sans flafla et le tout passera très bien. « En concert solo, on se débrouille comme on peut », lancera-t-elle.

On remarquera à cet instant une myriade d'enfants agglutinés près de la rampe de bois qui sépare la « scène » du reste de l'assistance. Mignons, la quasi totalité de ceux-ci sont suspendus à ses lèvres, sinon à leur petit engin qu'ils utilisent à leur manière pour prendre des clichés.

Toujours en délicatesse, Cœur de pirate enchaînera avec La petite mort, Golden Baby, C'était salement romantique et Francis.

Au rappel, elle proposera une nouvelle pièce (Le vent et la rivière) écrite pour le chanteur Jean-Marc Couture, le gagnant de Star Académie 2012. Joliment interprétée, l'incontournable Place de la République viendra juste après faire bien des heureux.

À la toute fin, les gens chanteront avec Cœur de pirate les paroles « Et il m'aime encore, et moi je t'aime un peu plus fort. » La chanson Comme des enfants venait ainsi clore cette soirée très paisible, mais somme toute réussie.

L'auteure-compositrice-interprète Fanny Bloom assurait quant à elle la première partie.

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