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Immeubles condamnés à Beauport : les résidents se sentent abandonnés

17/05/2013 08:33 EDT | Actualisé 17/07/2013 05:12 EDT

La colère des citoyens était palpable, jeudi soir, lors d'une rencontre entre la Ville de Québec et les résidents évacués du 65 de la rue Xavier-Giroux, dans l'arrondissement Beauport.

Les locataires ont reçu l'ordre d'éviction permanent à la suite de l'évacuation de leur immeuble en raison d'un sol instable. La plupart d'entre eux ont déjà trouvé un nouveau logement, mais plusieurs se disent insatisfaits de la façon dont la Ville a géré la crise.

La concierge du 65 de la rue Xavier-Giroux, Marjolaine Girard, était en colère au terme de la réunion. « Ils ne répondent pas aux questions, ils nous mettent dans la rue. Il y a pratiquement 100 personnes dans la rue et ils s'en lavent les mains. »

Karine Bureau n'a pas apprécié non plus l'attitude de la conseillère du district Lisette Lepage.« Pendant, les interventions, les intervenants de la ville ont été arrogants avec nous en disant qu'on tournait en rond. Une représentante s'est même bouché les oreilles devant nous en nous disant qu'elle ne nous écoutait plus. »

« Ils nous posent des questions auxquelles ont ne peut pas répondre », a rétorqué la conseillère du district Lisette Lepage. Secouée par les critiques, elle affirme que la Ville fait tout ce qu'elle peut pour aider les locataires et les propriétaires. « Les gens commencent à être impatients et ils sont frustrés. Ils sont tannés et ils se défoulent sur nous autres », résume-t-elle.

Propriétaire endetté

Les immeubles évacués ont été construits sur une ancienne carrière remblayée dans les années 50 dans la municipalité de Courville, fusionnée à Beauport en 1976. La Ville de Québec nie toute responsabilité dans cette situation. Elle n'offre pas non plus de programme d'aide pour les citoyens touchés. « Comme nous n'avons pas de responsabilité dans ce malheureux incident, nous ne pouvons pas compenser les propriétaires », affirme Jacques Perron, porte-parole à la Ville de Québec.

Seul un programme d'aide du ministère de la Sécurité publique offre un dédommagement aux sinistrés. Il prévoit un montant allant jusqu'à 200 000 $ pour les propriétaires admissibles en dédommagement. Pour le propriétaire du 65 de la rue Xavier-Giroux toutefois, aucune aide ne pourra alléger son fardeau financier.

Éric Bédard doit toujours 700 000 dollars pour un édifice qui ne vaut plus rien. « Au niveau du provincial, moi je ne suis pas qualifiable parce que je travaille et que mes édifices ne sont pas ma première source de revenus. Au niveau des assurances, étant donné que ce sont des mouvements de terrain, il n'y a aucun assureur qui couvre ça. Je me trouve face à absolument rien, à une dette. »

Par ailleurs, le forage se poursuit dans le secteur dans le but de délimiter précisément le secteur à risque. Aucun autre bâtiment n'est menacé.

Rappelons que quatre immeubles situés dans les secteurs de la rue Brideau et Xavier-Giroux ont été évacués de façon permanente.

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