BIEN-ÊTRE

Strass et paillettes restent les valeurs sûres d'une Eurovision de la rigueur

16/05/2013 10:43 EDT | Actualisé 16/07/2013 05:12 EDT

De la star des années 80 Bonnie Tyler à une ingénue Danoise aux pieds nus, sans oublier un géant ukrainien, l'édition 2013 du Concours Eurovision de la chanson à Malmö (Suède) ne devrait pas faillir à sa réputation d'extravagance.

L'hôte espère que les plus de 125 millions de téléspectateurs ne s'apercevront pas qu'il a décidé de modérer les dépenses somptuaires qui accompagnent cette débauche de strass et paillettes.

La Suède revendique de dépenser 50 fois moins que l'Azerbaïdjan l'an dernier. "Ils ont réaménagé la ville pour un milliard de dollars (près de 780 millions d'euros). Nous avons dit que nous allions organiser l'événement pour 125 millions de couronnes (moins de 15 millions d'euros)", affirme à l'AFP le producteur exécutif, Martin Österdahl.

En 2012 à Bakou, la Suédoise Loreen avait remporté le concours avec une chanson techno-pop intitulée "Euphoria".

De l'euphorie, Malmö en promet samedi aux téléspectateurs et jurys professionnels des 39 pays participants, chargés de départager les 26 finalistes.

La plus connue parmi tous, Bonnie Tyler, représentera la Grande-Bretagne avec "Believe In Me". Peu croient en ses chances, pourtant.

D'après les paris en ligne, la favorite est la jeune Danoise Emmelie De Forest, presque la régionale de l'étape puisque non seulement on voit le rivage du Danemark depuis Malmö, mais son père était Suédois.

La Russie, la Norvège, l'Azerbaïdjan (vainqueur en 2011), et l'Ukraine comptent parmi les autres favoris.

Lors de la demi-finale mardi, la chanteuse danoise, pieds nus et accompagnée par des batteurs et un joueur de flûte, a enflammé le public avec sa mélodie entêtante, "Only Teardrops".

Dans la même veine, la Russie présente une ballade sur la paix mondiale "What If", interprétée par la gagnante de l'émission de télé-réalité The Voice, Dina Garipova.

La palme de la grandiloquence revient au show ukrainien sur "Gravity". La chanteuse Zlata Ognevich est portée sur scène par un géant de 2,34 mètres censé symboliser sa force intérieure.

Margaret Berger, avec le titre électro-pop "I Feed You My Love", peut difficilement faire pire pour la Norvège que l'an dernier, si elle passe jeudi l'épreuve des demi-finales. Son pays avait dangereusement flirté avec le zéro pointé.

La tenue très courte et moulante de cette jeune femme archétype de la beauté scandinave a été raillée par la presse tabloïde suédoise. Le quotidien Aftonbladet a accusé la chanteuse de porter une jupe "si serrée qu'elle crée des problèmes pour toute la production", suscitant des lazzis des journalistes norvégiens sur la jalousie de leurs voisins.

La Suède a toujours pris l'événement très au sérieux. Son concours pour sélectionner son représentant fascine tout le pays, avec des demi-finales à travers le royaume. Des jurés étrangers sont recrutés pour bénéficier de leur oeil extérieur.

L'expérience pourrait aider la télévision suédoise à offrir un spectacle rivalisant avec la production luxueuse de 2012, mais avec un budget de rigueur.

Alors que la récession gagne du terrain en Europe, la chaîne publique SVT a clamé que le coût ne devait pas être un obstacle ni un sujet polémique dans les pays les plus frappés par la crise. Surtout si l'un d'eux gagnait et devait assumer l'organisation en 2014.

"Nous avons senti que nous devions prendre une nouvelle direction", déclare M. Österdahl, expliquant avoir "limité les événements annexes".

La question qui brûle les lèvres est de savoir si le plus célèbre enfant du pays, l'attaquant du Paris SG Zlatan Ibrahimovic, ouvrira le spectacle. "On verra. Restez branchés samedi", a simplement dit M. Österdahl.

Les fans de l'Eurovision comptent également sur la présence de Benny Andersson et Björn Ulvaeus, anciens membres du légendaire groupe ABBA, vainqueur de l'édition 1974. Avec le DJ et producteur suédois Avicii, ils ont écrit l'hymne de l'Eurovision 2013.

Malmö accueille pour l'événement 1.500 personnes des délégations et de l'organisation, et 1.700 journalistes.

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