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Syrie : le malaise syrien de l'ONU

15/05/2013 04:44 EDT | Actualisé 14/07/2013 05:12 EDT

Dans une résolution non contraignante, l'Assemblée générale de l'ONU a condamné « l'escalade » des attaques du régime syrien et ses « violations flagrantes et systématiques » des droits de l'homme.

Le texte a été approuvé par 107 voix pour, 12 contre et 59 abstentions, alors qu'une précédente résolution similaire avait recueilli 133 voix en août 2012.

Cet écart illustre le malaise grandissant au sein de l'ONU vis-à-vis des différents courants de l'opposition syrienne, explique-t-on dans les milieux diplomatiques à l'ONU.

« Je suis convaincu que beaucoup de pays avaient voté pour ce texte (d'août 2012) parce qu'ils étaient convaincus d'être du côté des vainqueurs », note un haut diplomate occidental. « Ils n'en sont plus certains aujourd'hui. »

« Maintenant, il y a aussi un facteur islamiste, terroriste, qui est bien plus évident », ajoute-t-il.

La résolution se félicite également de la création de la Coalition nationale de l'opposition, la qualifiant d'« interlocuteur effectif et représentatif nécessaire à une transition politique ».

Cependant, le texte appelle « toutes les parties à cesser immédiatement toute forme de violence, y compris les actes terroristes » et à participer à une « transition politique » basée sur la déclaration de Genève du 30 juin 2012, qui prévoit un gouvernement de transition.

Mais cet appel de l'Assemblée générale risque de rester lettre morte tant les efforts américano-russes pour organiser une conférence internationale sur le conflit avec la présence des belligérants butent sur l'intransigeance de l'opposition et du régime.

D'une part, l'opposition estime que tout dialogue passe par le départ du président Bachar Al-Assad. D'autre part, le régime estime que le sort du président passe par la volonté des Syriens, faisant référence aux élections présidentielles prévues en 2014.

Bataille diplomatique

À l'origine, la résolution avait pour objectif de donner le siège de la Syrie à l'ONU, comme cela s'est fait au sein de la Ligue arabe. Mais les consultations ont montré au Qatar, l'auteur de la résolution, que cette proposition n'allait pas obtenir la majorité.

Du coup, la résolution s'est transformée en une condamnation du régime syrien, sans réelles conséquences.

Parmi les pays ayant voté contre, l'Afrique du Sud a estimé que le texte constituait un blanc-seing (feuille blanche) pour un « changement de régime » à Damas provoqué par des forces étrangères.

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