POLITIQUE

Procréation assistée: Bolduc surpris par les questions soulevées par le gouvernement

14/05/2013 11:08 EDT | Actualisé 14/07/2013 05:12 EDT
PC

QUÉBEC - Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, s'interroge sur la nécessité de baliser l'accès au programme de procréation assistée pour éviter des dérapages.

M. Hébert a affirmé mardi qu'il ne remet pas en question l'existence du programme, dont il a souligné l'efficacité pour diminuer le nombre de grossesses multiples.

Le ministre a confié au commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, le mandat d'examiner les questions éthiques soulevées par ce nouveau programme de fécondation in vitro, en vigueur depuis 2010.

M. Hébert a affirmé que plusieurs cas ont suscité des questions, dont celui d'un enfant né grâce au programme qui a dû être pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

L'automne dernier, un reportage a révélé que la DPJ s'apprêtait à prendre en charge l'enfant d'une patiente, traitée par le Centre de reproduction McGill, même si elle souffrait de troubles mentaux, était victime de violence conjugale et avait des antécédents judiciaires. Deux cliniques de fertilité l'avaient refusée auparavant.

Le ministre a fait référence à ce cas et il a affirmé avoir été informé d'autres histoires de même nature.

«J'en ai entendu quelques-unes, effectivement, sur l'accessibilité de ce programme, a-t-il dit en point de presse. Je pense qu'il faut vraiment cibler sur les gens qui en ont besoin et permettre qu'il y ait des balises pour éviter qu'il y ait des dérapages éthiques, et c'est ce que je demande au commissaire à la santé.»

Le député libéral Yves Bolduc a exprimé sa surprise, mardi, devant cette décision du gouvernement.

M. Bolduc a vanté les impacts positifs de ce programme, mis en place alors qu'il était ministre de la Santé, notamment la diminution du nombre de naissances prématurées.

Lors d'un bref point de presse, le député libéral s'est étonné que son successeur péquiste puisse aller jusqu'à remettre en question la gratuité de la procréation assistée, instaurée en 2010.

«J'ai été très surpris qu'il remette en question même la gratuité du programme, a-t-il dit. (...) C'est le meilleur programme au monde et on a baissé notre taux d'occupation des enfants prématurés dans les unités de néonatologie, ce qui nous a permis d'avoir des économies importantes au Québec.»

Le ministre Hébert a soutenu que ce mandat au commissaire à la santé et au bien-être ne vise aucunement à remettre en question la gratuité des services de procréation assistée.

«Il n'est pas question de remettre en question le programme de procréation médicalement assistée, a-t-il dit. C'est un programme qui existe depuis trois ans, je pense que c'est le temps d'en faire une évaluation. On fait ça au niveau de la gestion, comment on gère ce programme, mais il y a des réflexions éthiques également qui sont importantes.»

M. Hébert a par ailleurs mentionné la possibilité de centraliser l'accès au programme grâce à un guichet unique.

«Ce programme a fait la démonstration qu'il est utile, a-t-il dit. Maintenant est-ce qu'il y a moyen d'améliorer sa gestion? Par exemple, actuellement, on n'a pas de guichet unique où peuvent s'adresser les clientes pour être référées soit dans le public ou, si le public n'est pas en mesure de répondre aux attentes, dans le privé.»

M. Bolduc a affirmé que les cliniques privées, dont les services sont remboursés, font très bien le travail.

Le député a toutefois évoqué la possibilité de remettre en question les investissements destinés à offrir les services dans le réseau public, un avis qui n'est pas partagé par M. Hébert, qui a répété la nécessité de les maintenir.

Pour M. Bolduc, cette démarche traduit la volonté du ministre d'effectuer des compressions afin de financer son projet de programme d'assurance autonomie.

L'an dernier, 8045 cycles de fécondation in vitro (FIV) ont été remboursés au Québec, en hausse par rapport aux 7319 cycles réalisés au Québec en 2011-2012.

Les coûts du programme se sont élevés à 59,7 millions $, en 2012-13, en baisse comparativement à 62,9 millions $ l'année précédente.

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