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Moscou dit avoir démasqué un « agent de la CIA » 

14/05/2013 11:18 EDT | Actualisé 14/07/2013 05:12 EDT

Un diplomate américain, accusé d'avoir tenté de recruter un agent des services de renseignements russes pour le compte de la CIA, a été arrêté par le Service fédéral de sécurité de Russie (FSB), l'héritier du KGB. 

Le troisième secrétaire à l'ambassade des États-Unis à Moscou, connu sous le nom de Ryan Fogle, a passé la nuit de lundi à mardi sous les verrous. Il a été remis aux autorités américaines dès mardi matin.

Selon Moscou, il a été arrêté en possession d'une grosse somme d'argent liquide et d'instructions destinées à l'agent russe qu'il tentait de recruter. Il avait également sur lui du matériel technique ultraperfectionné et des déguisements. Une photo circulant à la télévision russe montre Ryan Fogle assis dans le bureau d'un agent de la FSB. Sur une table, les objets avec lesquels il a été trouvé sont étalés, dont deux perruques, plusieurs paires de lunettes fumées et deux paquets contenant des billets de 500 euros.

Des extraits de la lettre d'instruction que transportait prétendument Flogle ont également été dévoilés par le site de nouvelles de la chaîne russe RT. « Nous sommes prêts à vous offrir 100 000 $ pour discuter de votre expérience, expertise et coopération », lit-on dans cette lettre. Cette offre était bonifiée à un million de dollars pour une coopération à long terme.

L'ambassadeur américain en Russie, Michael McFaul, a refusé de faire des commentaires sur cette arrestation.

Une « provocation » digne de la guerre froide, dit Moscou 

Déclaré persona non grata par la Russie, l'Américain Ryan Fogle a reçu un ordre d'expulsion s'appliquant « dans les plus brefs délais », selon un communiqué.

Moscou a par ailleurs qualifié de « provocatrices » les activités d'espionnage des États-Unis, qui s'inscriraient directement dans l'esprit de la guerre froide, selon le ministère des Affaires étrangères.

L'arrestation de Fogle risque de ralentir les tentatives de rapprochement russo-américaines entamées après les attentats de Boston, dont les deux présumés coupables sont d'origine tchétchène.

« Alors que nos présidents ont déclaré leur volonté de coopérer par la voie des services spéciaux dans la lutte contre le terrorisme, de tels actes provocateurs dans l'esprit de la guerre froide ne contribuent pas à renforcer la confiance mutuelle », a déclaré la diplomatie russe.

Les activités d'espionnage entre les États-Unis et la Russie n'ont pas cessé depuis la fin de la guerre froide, mais il s'agit de la première arrestation connue d'un diplomate dans la dernière décennie. La dernière remonterait en 1999.

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