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Un attentat fait au moins 10 morts en Libye

13/05/2013 02:56 EDT | Actualisé 12/07/2013 05:12 EDT

La ville de Benghazi, berceau de la révolte ayant renversé le régime de Mouammar Kadhafi, a été secouée par un autre attentat sanglant, lundi, signe que l'insécurité continue de grandir dans ce pays nord-africain, deux ans après le « printemps arabe ».

Les auteurs de l'attentat ont utilisé une télécommande pour faire détoner une automobile bourrée d'explosifs, stationnée à proximité du principal hôpital de la cité, a révélé Abdel-Salam Al-Barghathi, un représentant d'une agence de sécurité. Des kalachnikovs et d'autres armes ont été retrouvées à l'intérieur du véhicule.

Le bilan des victimes varie selon les sources, le vice-ministre de l'Intérieur Abdallah Massoud évoquant « 15 morts et au moins 30 blessés », tandis que le ministère de la Santé a fait plus tard état de quatre morts et six blessés.

De son côté, un responsable de la direction de police à Benghazi, Tarak Al-Kharaz, a affirmé à la chaîne Libya Al-Ahrar que l'attentat avait fait 13 morts et 41 blessés.

Fathi Al-Ubaidi, l'un des commandants de la milice progouvernementale Bouclier de la Libye, a indiqué qu'un homme avait été arrêté en lien avec la déflagration, mais n'a pas voulu donner davantage de détails.

Réunion d'urgence à Tripoli

Tout de suite après l'attentat, le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité du pays, a annoncé la tenue d'une « réunion d'urgence » avec les responsables de sécurité.

De son côté, le gouvernement libyen a dénoncé dans un communiqué « un crime odieux » et un « acte terroriste » qui a provoqué la mort d'« innocents », promettant de « faire son devoir pour arrêter les criminels et les traduire devant la justice ».

L'armée a ordonné le déploiement d'unités spéciales pour assurer la sécurité dans la ville, selon l'état-major de l'armée libyenne.

« On ignore jusqu'ici si l'attaque visait des civils ou une personne particulière qui était sur les lieux », selon un responsable local de sécurité.

Une ville contrôlée par des milices

Une foule en colère de plusieurs centaines de personnes s'est rassemblée sur les lieux de l'attentat. Les manifestants ont accusé les groupes armés et réclamé leur bannissement de Benghazi, la grande ville de l'Est libyen.

Deuxième plus importante ville de la Libye, Benghazi est le berceau de la révolution ayant mené à la mort du dictateur Mouammar Kadhafi et demeure, comme le reste du pays, en grande partie contrôlée par des milices en raison de l'absence de forces de sécurité unifiées.

Les miliciens refusent de déposer les armes en dépit des efforts répétés du gouvernement central basé dans la capitale, Tripoli, pour leur imposer son autorité.

Benghazi a connu beaucoup d'assassinats et d'attentats à la voiture piégée durant la dernière année à mesure que la lutte de pouvoir entre les milices et Tripoli s'est intensifiée. Deux commissariats de la cité ont été visés par des attentats à la bombe vendredi, puis encore deux autres dimanche.

Le 11 septembre dernier, l'ambassadeur des États-Unis en Libye, Chris Stevens, a également perdu la vie aux côtés de trois de ses compatriotes lorsque des miliciens ont attaqué le consulat américain et un autre lieu géré par Washington à Benghazi. Cet assaut a poussé plusieurs pays occidentaux, dont la Grande-Bretagne, à retirer leurs diplomates de la ville.

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