BIEN-ÊTRE

A Buenos Aires, une visite guidée dans les pas du pape

13/05/2013 01:13 EDT | Actualisé 13/07/2013 05:12 EDT

De sa maison natale à la cathédrale de Buenos Aires, une visite guidée en autocar conduit depuis samedi les curieux dans des lieux emblématiques de la capitale argentine qui ont marqué la vie du pape François.

Mirtha Dellantada, une chef d'entreprise de 64 ans, se dit "émue de parcourir les endroits où (Jorge Bergoglio) a grandi", dans le quartier populaire de Florès.

Dans les rues étroites de ce quartier populaire, un des plus anciens de Buenos Aires, l'autobus blanc et jaune a du mal à se frayer un chemin. Des habitants du quartier saluent le passage du bus qui arbore une pancarte annonçant "Circuit papal".

En une semaine, la mairie de Buenos Aires a reçu 5.000 demandes de visite. La visite, à pied ou en autocar de 43 places, est gratuite, offerte par la municipalité dirigée par le conservateur Mauricio Macri.

es drapeaux du Vatican flottent même aux fenêtres de batiments de la mairie depuis l'élection du pape.
L'Eglise argentine, dont l'image a été ternie par sa passivité durant la dictature militaire sanglante (1976-1983), a une influence considérable dans ce pays de 40 millions d'habitants et celui qui était son primat est l'objet d'un grand respect de la majorité de la population.

Mabel Roggero, une enseignante de 43 ans, est heureuse d'avoir réussi à se procurer un billet pour la visite, en compagnie de son mari et de sa fille de 12 ans et de son garçon de 7 ans, nommé Benoît, comme l'ancien pape. "J'ai vu Bergoglio plusieurs fois car il disait la messe lors de retraites spirituelles auxquelles je participais comme catéchiste", confie-t-elle à une journaliste de l'AFP.

Elle se souvient de Jorge Bergoglio, arrivant en autobus, portant le même pardessus noir et le cartable usé avec lesquels il a été photographié au Vatican, avant le conclave qui l'a empêché de retourner à Buenos Aires.

La basilique San José de Florès est un des temps forts de la visite. "Dans le dernier confessionnal à gauche, le jeune Jorge Bergoglio a eu la révélation de sa vocation de prêtre", raconte la guide.

C'est aussi l'église où il a été baptisé et un passage obligé pour les fidèles avides de connaître des détails de la vie du pape François, son enfance et ses premiers pas d'homme d'église. Dans le quartier de Florès, on visite aussi la maison natale du pape, la place où il jouait au football.

La visite de trois heures est rythmée par les airs de tango que Jorge Bergoglio. Homme aux goûts simples, il aimait le tango et le football, comme presque tous les Argentins.

La visite en 21 lieux éparpillés dans 8 quartiers emmène les visiteurs jusqu'à la prison où Bergoglio disait la messe le jeudi saint ou le séminaire où il est entré en 1958.

La chapelle San Antonio où se sont connus ses parents fait aussi parti de la visite. L'ancien prêtre de la chapelle, Lorenzo Maza, est le fondateur du club de San Lorenzo, une des plus grandes équipes d'Argentine, dont le pape est un fervent supporteur.

A 200 mètres de la cathédrale métropolitaine, le parcours pédestre passe par le salon de coiffure du Passage Roverano où le cardinal Bergoglio avait ses habitudes, mais aussi le marchand de journaux qu'il a appelé au lendemain de son élection pour lui demander de ne plus lui livrer le journal.

Pour Daniela Peralta, étudiante en théologie de 21 ans, "la ferveur pour le personnage n'est pas passagère". "Il me semble que beaucoups de gens ont retrouvé la foi depuis qu'il est pape", s'enthousiasme la jeune femme qui a acheté son billet d'avion pour participer aux JMJ de Rio de Janeiro cet été.

"Nous espérons le voir à Rio, aujourd'hui comme pape", dit son fiancé Fernando Lezcano, 24 ans, lui-aussi étudiant en théologie.

"Benoît XVI ne touchait pas les gens, et celui-ci se les est mis dans la poche en une semaine, mais nous les Argentins, cela ne nous surprend pas ce qu'il fait, on le connaît, c'est un saint", lance pendant la visite Graciela Marco, une retraitée de 76 ans.

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