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Price, Montréal, la relation amour-haine

12/05/2013 12:04 EDT | Actualisé 12/07/2013 05:12 EDT

Quoi de plus banal qu'aller à l'épicerie? Une activité qui sert à répondre au simple besoin de se nourrir, à la base de la pyramide de Maslow. Mais dans la vie de Carey Price, même une telle activité devient compliquée.

« L'anonymat me manque. C'est dur d'en avoir ici, même impossible! Je ne vais même plus à l'épicerie. Je ne fais plus grand-chose en fait. Je suis comme un Hobbit dans son trou. »

Bienvenue dans la vie d'un gardien numéro 1 du Canadien, un métier difficile à sa façon. Certains diront que le chèque de paie vaut bien les irritants. N'empêche que peu importe le salaire, il y a un travail - arrêter les rondelles - qui doit être accompli sous une lourde pression.

« Mentalement, c'est dur. Je mentirais si je disais que c'est facile. Ce ne l'est pas. C'est la nature de cette position et tu dois l'accepter dans ce genre de ville », estime le numéro 31.

Selon Price, garder le filet du Canadien n'est pas seulement difficile dans la défaite, comme ce fut le cas dans le dernier mois d'une saison qui a fini en queue de poisson. Gagner à Montréal vient aussi avec son lot de difficultés.

« Tôt ou tard, tu seras le bouc émissaire et tu dois l'accepter quand tu l'es. Quand tu es le héros, tu dois aussi l'accepter. C'est facile de penser que tu es mauvais ou que tu es excellent ici. »

Des objectifs à atteindre

Une saison qui semblait si prometteuse après une quarantaine de matchs a vite déraillé pour le Canadien, et Price s'est retrouvé au cœur des déboires.

Le Tricolore a présenté une fiche de 4-9 à ses 13 derniers matchs, tout en accordant 51 buts au cours de cette période. Price a obtenu 10 de ces 13 départs, et 2 fois, il a assisté à la fin du match assis au bout du banc (il y a aussi eu une troisième fois lors du quatrième match éliminatoire à Ottawa, mais il était blessé). Trop souvent, de mauvais buts, accordés au mauvais moment, ont scié les jambes de ses coéquipiers.

Price ne souhaite plus revivre une telle séquence, ni une autre élimination en cinq matchs au premier tour.

« Je dois atteindre un autre niveau, personnellement. Tout le monde peut le faire, c'est ce que les équipes gagnantes font en séries, atteindre un autre niveau. »

Price croit détenir un outil de plus pour y parvenir l'an prochain : un calendrier plus traditionnel, plus espacé, qui lui donnera plus de temps pour travailler seul à seul avec Pierre Groulx, l'entraîneur des gardiens du Canadien. « Ce sera plus facile de travailler avec Pierre », explique-t-il.

L'année de plus ne devrait pas lui nuire non plus (il fêtera ses 26 ans cet été), à une position identifiée par plusieurs, dont Marc Bergevin, comme la plus longue à développer. Doit-on rappeler qu'au cours des 5 dernières saisons, seulement 2 des 15 finalistes au trophée Vézina (Sergei Bobrovsky, 24 ans cette saison et Steve Mason, 20 ans en 2009) étaient âgés de moins de 25 ans?

Et une source de motivation devrait l'animer : une participation aux Jeux de Sotchi, en février 2014. Pour ce faire, il devra se démarquer de Marc-André Fleury, Cam Ward, un vieillissant Martin Brodeur, Corey Crawford, Mike Smith, et peut-être même Roberto Luongo.

« Mon but sera de me tailler une place dans cette équipe et représenter le Canada. Je vais commencer à y penser dans les prochains mois. »

Une présence en Russie l'aiderait certainement à forger sa réputation, mais pour les besoins précis du marché montréalais, quoi de mieux que les bonnes vieilles victoires?

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