POLITIQUE
08/05/2013 08:45 EDT | Actualisé 08/07/2013 05:12 EDT

Un Canadien sur 5 appartient à une minorité visible, selon Statistique Canada

CP

OTTAWA - Le visage du Canada — et des Canadiens — est de plus en plus diversifié: près d'une personne sur cinq au pays appartient à une minorité visible, selon les dernières données de Statistique Canada dévoilées mercredi.

En 2011, les minorités visibles représentaient ainsi 19 pour cent de la population canadienne, comparativement à 16,2 pour cent en 2006.

Plus de six millions de Canadiens ont ainsi la peau noire, chocolat, ambrée ou dorée, mais pas blanche.

Statistique Canada définit comme une «minorité visible» les personnes «autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche, ou qui n'ont pas la peau blanche».

Au Québec, environ 10 pour cent de la population est composée de personnes appartenant à des groupes de minorités visibles.

Le pourcentage grimpe à 20 pour cent à Montréal. Dans la métropole québécoise, les Noirs constituent le groupe de minorités visibles le plus important, devant les Arabes et les Latino-Américains.

Dans tout le pays, les Sud-Asiatiques forment le plus grand groupe des minorités visibles (25 pour cent de la population totale des minorités), suivis des Chinois (21 pour cent) et des Noirs (15 pour cent). Les Sud-Asiatiques sont notamment des Indiens de l'Inde, des Pakistanais et des Sri Lankais.

La progression au cours des années est flagrante: en 1981, seulement 4,7 pour cent de la population canadienne pouvait être considérée comme appartenant à un groupe de minorités visibles.

Ces groupes formaient en 2011 plus de la moitié de la population de neuf municipalités canadiennes. La palme de la diversité revient à Markham, dans la couronne de Toronto, où 72 pour cent de la population n'a pas la peau blanche.

Au Québec, c'est la municipalité de Brossard, sur la rive sud de Montréal, qui a la population la plus diversifiée: 38 pour cent de ses citoyens appartiennent aux minorités visibles. Vient ensuite Dollard-des Ormeaux, sur l'île de Montréal, avec 35 pour cent de ses résidants.

Le Québec reçoit ainsi sa part d'immigration de groupes de minorités visibles.

«Mais ils viennent de pays différents du reste du Canada», indique François Nault, directeur de la division de statistique sociale à Statistique Canada.

«Au Québec, on va avoir plus d'Arabes, de Latino-Américains et d'Africains» en raison du français qui est parlé dans leur pays d'origine, ou d'une langue apparentée, comme l'espagnol, précise-t-il.

Ces constats reflètent la mouvance de l'immigration.

«L'augmentation de la population des minorités visibles est attribuable en grande partie au nombre d'immigrants qui sont arrivés au Canada de pays non européens au cours des dernières décennies», peut-on lire dans un document d'analyse de Statistique Canada. Les immigrants proviennent donc davantage d'Asie, d'Afrique et des Antilles.

La plupart des membres de groupes de minorités visibles sont d'ailleurs nés à l'extérieur du pays.

Cette qualification de «membres d'un groupe de minorités visibles» a son importance. Ils font partie des quatre groupes désignés en vertu de la Loi sur l'équité en matière d'emploi. Dans certains cas, ils feront l'objet d'un traitement préférentiel lors de l'embauche.

Lieu de résidence des immigrants

Quelque sept millions de personnes vivant au Canada sont nées à l'étranger. Avec 20,6 pour cent de sa population née hors de ses frontières, le Canada a le pourcentage le plus élevé de tous les pays du G8. Ce sont les immigrants en provenance des Philippines qui dominent dans cette catégorie.

L'Ontario a été la province d'accueil de choix pour 43 pour cent des récents immigrants qui y habitaient en 2011. Le Québec fut pour sa part la destination de près de 20 pour cent des nouveaux arrivants.

Ceux qui quittent leur pays pour le Canada ont d'ailleurs majoritairement choisi de vivre dans ses trois métropoles: Toronto, Vancouver et Montréal, dans cet ordre. Les immigrants constituaient en 2011 près de 23 pour cent de la population de Montréal.

Les données diffusées mercredi par Statistique Canada proviennent de l'Enquête nationale auprès des ménages, un sondage volontaire effectué en 2011, qui remplaçait alors le long formulaire obligatoire du recensement. Le changement de méthode de cueillette de données fait en sorte que les données sont moins fiables et les comparaisons entre les années sont risquées, avertit l'agence de statistiques.

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