POLITIQUE

«Prudence» de la Commission Charbonneau: Pauline Marois corrige le tir

03/05/2013 12:11 EDT | Actualisé 03/07/2013 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Au lendemain d'une sortie jugée «intimidante» et «menaçante» sur les travaux de la Commission Charbonneau, Pauline Marois a voulu corriger le tir, vendredi, en exprimant sa pleine confiance en la commission d'enquête.

La première ministre, qui avait d'abord fait savoir qu'elle ne s'adresserait pas aux journalistes en marge d'une annonce au Musée des beaux-arts, y est finalement allée d'une brève déclaration.

«Je veux redire, dire et redire (que) nous faisons pleinement confiance à la Commission Charbonneau. Elle doit continuer son travail comme elle le fait», a lancé Mme Marois.

«Nous comptons sur cette commission pour arriver à plus d'intégrité dans l'ensemble de la gestion de l'industrie de la construction et de tous les contrats qui se donnent par les municipalités et les gouvernements», a-t-elle conclu avant de s'engouffrer dans un ascenseur.

Pauline Marois a reçu une volée de bois vert, jeudi, après avoir lancé dans les couloirs de l'Assemblée nationale que la commission devait faire son travail «avec prudence». Quelques minutes auparavant, le vice-premier ministre François Gendron avait dit souhaiter que la Commission Charbonneau «fasse davantage attention».

La chef du gouvernement et son bras droit ont tenu ces propos après qu'un ex-cadre de la société de génie-conseil Roche, Gilles Cloutier, eut notamment allégué que l'ancien ministre péquiste Guy Chevrette et un proche, Gilles Beaulieu, avaient «magouillé» pour que la firme obtienne le mandat pour le prolongement de la route 125 dans les Laurentides.

Les partis d'opposition n'ont pas tardé à dénoncer — à l'unanimité — l'intervention de la première ministre. Tandis que le député caquiste Jacques Duchesneau a carrément parlé de «bullying politique», le député libéral Gilles Ouimet, ancien bâtonnier du Québec, a prévenu que cette déclaration pouvait être interprétée comme une «menace voilée».

Pauline Marois n'a pas voulu répliquer directement à ces attaques, vendredi, se contentant de marteler que son gouvernement faisait «pleinement confiance à la Commission Charbonneau».

Lorsqu'ils étaient sur les banquettes de l'opposition au Salon bleu, les péquistes s'étaient battus bec et ongles pour exiger du gouvernement libéral au pouvoir qu'il déclenche une commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

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