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Le siège de l'OACI, un joyau que le Qatar veut arracher à Montréal

03/05/2013 06:13 EDT | Actualisé 03/07/2013 05:12 EDT

Pourquoi l'Organisation de l'aviation civile internationale, dont le siège est établi depuis 1947 à Montréal, fait-elle l'objet d'une soudaine convoitise de la part du Qatar? Cet émirat du Moyen-Orient, deux fois grand comme l'Île-du-Prince-Édouard, veut ravir à la métropole québécoise le cœur même de cette créature onusienne qui régit l'adoption des normes et pratiques recommandées dans tous les domaines de l'aviation civile.

Un texte d'Anne-Marie Lecomte

Rôle obscur, a priori, mais si crucial en réalité que, vendredi, deux ministres et un maire - fédéral, provincial et municipal- ont fait un rare front commun pour conserver l'OACIà Montréal.

Le sort du siège de l'organisation onusienne sera débattu, et tranché, lors d'un vote qui réunira les 191 États membres de l'OACI, du 24 septembre au 4 octobre, à Montréal.

Entre-temps, les principaux acteurs de cette joute se mobilisent pour faire valoir qu'à Montréal, « l'OACI est chez elle », comme le déclarait le maire de Montréal, Michael Applebaum, lors de la conférence de presse à laquelle participaient aussi le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur et ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, et le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird.

L'OACI « est chez elle » à Montréal depuis 1947. Et cette institution spécialisée des Nations unies n'a pas choisi Montréal par hasard, de l'avis de Suzanne Benoît, présidente-directrice générale d'Aéro Montréal, un forum de concertation créé en 2006 qui regroupe l'ensemble des premiers dirigeants du secteur aérospatial. Car le lien unissant le Québec à l'industrie de l'aérospatiale est fort de 100 ans d'histoire : fondée en 1928 par un homme d'affaires montréalais, « Pratt & Whitney Canada (P&WC) a 84 ans, rappelle Suzanne Benoît. Et, avant Bombardier Aéronautique, il y a eu Canadair et avant, il y avait eu la Canadian Vickers ».

L'histoire de l'aérospatiale québécoise s'enorgueillit de plus d'un succès. Par exemple, le PT6 turbopropulseur emblématique de P&WC célèbre cette année sa 50e année en vol. « Encore aujourd'hui, un appareil doté de ce moteur décolle toutes les trois secondes, affirme Suzanne Benoît. Plus loin encore dans le temps, le premier dirigeable venu d'Europe, le R.100, s'était amarré au mât d'amarrage de la base de Saint-Hubert, en périphérie de Montréal. C'était en 1930 au terme d'une traversée de presque 79 heures, comme l'a écrit Rénald Fortier conservateur au Musée national de l'aviation, à Ottawa.

De plus, Bombardier aéronautique, Pratt & Whitney Canada, CAE et Bell Helicopter Textron Canada, sont à Montréal, ce qui fait du Québec la seule province canadienne à réunir quatre maîtres d'œuvre dans ce domaine.

« La présence de l'OACI à Montréal a un impact incroyable, explique Suzanne Benoît d'Aéro-Montréal. Bien que cette organisation des Nations unies soit neutre, sa proximité est importante pour une entreprise telle que Bombardier ».

Sont aussi à Montréal : 

  • IATA
  • Conseil international des aéroports
  • La Fédération internationale des Associations de pilotes de ligne
  • Fédération Internationale des Associations de Contrôleurs Aériens

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