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Effondrement au Bangladesh: le maire est arrêté et le bilan passe à 500 morts

03/05/2013 04:24 EDT | Actualisé 02/07/2013 05:12 EDT
Getty Images
Bangladeshi rescuers use a digger to move debris as Bangladeshi Army personel continue the second phase of a rescue operation using heavy equipment after an eight-storey building collapsed in Savar, on the outskirts of Dhaka, on May 2, 2013. Bangladesh authorities have suspended the mayor of Savar satellite town outside the capital for approving the faulty construction of a building that collapsed last week, killing 429 people. AFP PHOTO/ Munir uz ZAMAN (Photo credit should read MUNIR UZ ZAMAN/AFP/Getty Images)

SAVAR, Bangladesh - Le ministre des Finances du Bangladesh a minimisé l'impact de l'effondrement d'une usine la semaine dernière sur l'industrie du textile de son pays, qualifiant le désastre de «pas trop sérieux» vendredi, quelques heures après que le 500e corps eut été retiré des décombres.

Aboul Maal Abdoul Muhith a fait ces commentaires alors les autorités annonçaient l'arrestation du maire de Savar, la banlieue de Dacca où s'est produite la catastrophe, et de l'ingénieur qui aurait aidé le propriétaire de l'édifice à y ajouter trois étages illégaux. Ce même ingénieur, Abdour Razzak Khan, avait demandé l'évacuation de l'immeuble la semaine dernière.

On reproche au maire de Savar, Kabir Hossain Sardar, d'avoir déclaré que l'édifice était sécuritaire après l'avoir inspecté la veille de l'effondrement.

Lors d'une visite dans la capitale indienne New Delhi, le ministre Muhith a soutenu que le désastre ne ferait pas de tort à l'industrie textile du pays, qui représente de loin la source la plus importante de revenus d'exportation.

L’industrie du textile au Bangladesh a une valeur annuelle de 20 milliards $ US.

«Je ne crois pas que les difficultés actuelles sont très sérieuses — c'est un accident. Et les mesures que nous avons prises pour nous assurer que ça n'arrive plus sont très élaborées et je crois qu'elles seront appréciées de tous», a-t-il soutenu.

Lorsqu'on lui a demandé s'il craignait que des entreprises étrangères déplacent leur production de vêtements hors du Bangladesh, M. Muhith a renchéri que le désastre était un simple accident.

«Ça arrive partout», a-t-il opiné.

L'effondrement du 24 avril est probablement l'accident dans une usine de vêtements le plus mortel dans l'histoire mondiale.

Son ampleur a surpassé d'autres catastrophes importantes à avoir eu lieu dans l'industrie, soit l'incendie de l'usine Shirtwaist de New York, qui a tué 146 travailleurs en 1911, et des tragédies plus récentes, comme un incendie qui a fait 260 morts au Pakistan en 2012 et un autre qui a tué 112 personnes au Bangladesh la même année.

Sur les lieux de l'accident, le bilan a atteint 501 morts et n'a probablement pas fini de s'alourdir. Le nombre officiel de disparus s'établit à 149 depuis mercredi, mais d'autres sources évoquent un chiffre beaucoup plus élevé.

«Nous agissons toujours avec prudence pour que les corps soient intacts», a expliqué le major-général Chowdhury Hassan Suhwardy, le commandant de la garnison militaire qui supervise les secours.

Un enquêteur du gouvernement a déclaré vendredi que la combinaison de matériaux de construction inférieurs aux normes et des vibrations de la machinerie lourde utilisée par les cinq usines à l'intérieur de l'édifice a causé l'effondrement.

Selon Mainuddin Khandkar, qui est à la tête du comité d'enquête, l'édifice n'était pas assez solide pour abriter l'équipement des usines de vêtements.

Environ 15 minutes avant l'effondrement, l'édifice a eu une panne d'électricité, et ses grosses génératrices ont été allumées, ce qui a fait trembler l'édifice, a expliqué M. Khandkar.

«Les vibrations crées par les machines et les génératrices qui opéraient dans les cinq usines ont contribué aux failles et ensuite à l'effondrement», a-t-il résumé, ajoutant que le rapport complet sera soumis au gouvernement dans quelques jours.

Le propriétaire de l’édifice illégal de huit étages, Mohammed Sohel Rana, a déjà été arrêté par la police. Il devrait faire face à des accusations de négligence, de construction illégale et d’avoir contraint ses employés à travailler. Des accusations plus graves pourraient éventuellement être portées contre lui.

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