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Rencontre entre Marois et les syndicats: le déficit zéro à l'ordre du jour

01/05/2013 03:33 EDT | Actualisé 30/06/2013 05:12 EDT
PC

À l'occasion de la fête des travailleurs, les trois plus importantes centrales syndicales ont rencontré mercredi la première ministre Pauline Marois pour réitérer leurs arguments en faveur du report de l'atteinte du déficit zéro.

Ont assisté à cette rencontre, les présidents de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Au cours des derniers jours, Mme Marois a multiplié les signaux quant à la possibilité que le gouvernement reporte l'atteinte du déficit zéro, prévu au terme de l'exercice budgétaire actuel. 

Même si elle maintient le cap sur le 31 mars 2014 pour éliminer le déficit, Mme Marois a observé récemment que les revenus de l'État sont en baisse, ce qui pourrait compliquer le retour à l'équilibre budgétaire.

Pour les syndicats, le retour à l'équilibre budgétaire dans un contexte de baisse de revenus s'effectuera en recourant à de nouvelles compressions, ce qui nuirait « à la classe moyenne ».

Le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arsenault, a indiqué que Mme Marois a répété qu'il n'y aura aucune autre compression dans le secteur public pour rééquilibrer les finances publiques. 

Il a affirmé que le « déficit zéro » ne doit pas être une « religion ». Selon lui, l'austérité peut dans certains cas nuire à la reprise.

La présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, a rappelé que d'importantes compressions de près de 1 milliard de dollars ont déjà été pratiquées. Mme Chabot a soutenu que les réseaux de la santé, de l'éducation, des services sociaux et des services à la petite enfance ne pourraient pas supporter d'autres réductions de leurs budgets.

Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, a pour sa part expliqué que les politiques d'austérité au Canada risquent d'avoir des impacts négatifs sur la création d'emplois.

M. Létourneau a expliqué que des institutions financières internationales, comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, recommandent aux États de modérer leurs politiques de rigueur budgétaire.

Mardi, à l'Assemblée nationale, le ministre des Finances Nicolas Marceau a affirmé que l'équilibre budgétaire sera atteint si les prévisions de revenus, dans la mise à jour économique présentée en mars, se réalisent.

« Les entrées qui sont celles du point que j'ai présenté le 28 mars sont celles que nous prévoyons, a-t-il dit. Et avec ce profil de revenus pour l'année qui vient, on va atteindre l'équilibre budgétaire. »

M. Marceau est d'ailleurs allé porter ce message aux milieux financiers new-yorkais, la semaine dernière.

La guerre aux politiques fédérales

Les chefs syndicaux ont par ailleurs demandé au cours de la rencontre avec Mme Marois de combattre les politiques fédérales qu'ils dénoncent depuis plusieurs semaines.

Ils ont notamment évoqué la réforme de l'assurance-emploi, l'abolition progressive des crédits d'impôt pour les fonds de travailleurs ainsi que la loi C-377 portant sur l'obligation des organisations syndicales de fournir des informations financières.

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