Argent illégal au référendum 1995 : «ça confirme les pires scénarios» - Stéphane Bédard

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STEPHANE BEDARD
Stéphane Bédard | PC

Les déclarations de l'ex-organisateur politique Gilles Cloutier devant la commission Charbonneau au sujet de dépenses illégales faites lors du référendum de 1995 ont suscité de nombreuses réactions et ont fait bondir les péquistes à Québec.

Gilles Cloutier a soutenu mardi que le camp du non a largement dépassé le plafond des dépenses permises en camouflant certains coûts.

Pour le ministre péquiste et président du Conseil du Trésor, Stéphane Bédard, cela confirme que le référendum a été manipulé.

« Cela confirme effectivement que les Québécois se sont fait avoir, littéralement. Et le directeur général des élections n'a même pas réussi à aller voir l'ensemble des coûts que le fédéral ou que le camp du non a pu dépenser parce qu'il a été bloqué, parce que ça se passait en dehors du Québec imaginez-vous », a-t-il indiqué.

« Ça confirme les pires scénarios par rapport à la manipulation qu'il y a eu lors du référendum de 1995. » -- Stéphane Bédard, président du Conseil du Trésor

Les nouvelles révélations ont également fait bondir la péquiste Louise Beaudoin, qui était ministre des Affaires intergouvernementales à l'époque.

« On ne le saura jamais, mais ça a été si serré, avec des résultats à 40 ou 50 000 [voix] seulement d'écart entre le oui et le non. On ne peut pas s'empêcher de dire qu'on l'a raté de si près. Et que si les choses avaient été honnêtes et égales entre le camp du oui et du camp du non - parce que là j'oublie tout le "love in" dans cet argent-là qui était dépensé qui n'a pas été comptabilisé non plus », a-t-elle souligné.

Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a lui aussi affirmé que cela s'ajoute au financement illégal du grand rassemblement qui s'est tenu au centre-ville de Montréal en 1995, le « love-in ».

« C'est une preuve de plus que les fédéralistes ont essayé d'acheter le résultat du référendum, ont essayé d'acheter la conscience des Québécois. » -- Bernard Drainville, ministre responsable des Institutions démocratiques

Les chefs de file du camp du non, notamment Jean Charest, Jean Chrétien et Daniel Johnson, ont quant à eux refusé de se prononcer sur le sujet.

Gilles Cloutier a coordonné les activités du camp du non pour la région Laurentides-Lanaudière lors du référendum de 1995, ce qui correspond, explique-t-il, à 35 circonscriptions. Il soutient avoir alors dépensé des milliers de dollars, non déclarés, pour installer dans chaque circonscription des panneaux de publicité du camp du non.

« J'ai fait passer ça par une compagnie d'enseignes et je trouvais des amis qui étaient en affaires et le compte allait là. Fait que c'était eux autres qui payaient. Ceux qui étaient bien partisans du non, ils payaient les affiches et les installations », a-t-il expliqué, ajoutant que l'agent officiel du camp du non n'en a, bien sûr, rien su.

« Le feu prenait dans nos pancartes la nuit. Il fallait les remettre. C'était une grosse bataille, c'était serré. On s'est battu jour et nuit », a mentionné M. Cloutier.

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