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Nétanyahou minimise l'offre de la Ligue arabe

01/05/2013 08:50 EDT | Actualisé 01/07/2013 05:12 EDT

La récente offre de la Ligue arabe faite aux Américains, en vertu de laquelle les pays arabes acceptent le principe d'un échange de territoires entre Palestiniens et Israéliens, n'a pas suscité l'enthousiasme du gouvernement israélien.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou n'a pas commenté directement l'offre, mais il a déclaré lors d'une rencontre avec des diplomates israéliens que le conflit israélo-palestinien « n'est pas territorial, mais porte sur l'existence même de l'État d'Israël », minimisant ainsi la proposition des pays arabes.

« L'absence de volonté des Palestiniens de reconnaître l'État d'Israël comme l'État-nation du peuple juif, voilà la racine du conflit », a assuré le premier ministre israélien.

Un de ses proches, le ministre des Communications, Gilad Erdan, a répété le refus d'Israël de négocier sur la base des lignes d'avant l'occupation israélienne des Territoires palestiniens (Cisjordanie, Jérusalem-Est et bande de Gaza) en 1967.

« Si Israël accepte de venir à la table des négociations en affirmant à l'avance qu'elles se dérouleront sur la base des lignes de 1967, il ne restera pas grand-chose à négocier », a estimé M. Erdan.

Les propos de MM. Nétanyahou et Erdan ne laissent pas présager une reprise de négociations entre les deux parties.

De son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas a réagi en insistant sur la référence aux lignes de 1967, moyennant des « modifications mineures ».

« Nous reconnaissons l'État d'Israël depuis 1993 », a rappelé M. Abbas, écartant de nouveau la revendication de M. Nétanyahou d'une reconnaissance d'Israël comme État juif.

M. Nétanyahou se dit favorable à des pourparlers « sans conditions préalables », refusant toute référence pour les discussions, en particulier les lignes de 1967, même assorties d'échange de territoires. Cette notion avait été acceptée notamment par son prédécesseur Ehoud Olmert dans ses négociations avec les Palestiniens.

De son côté, le Hamas, qui gouverne la bande de Gaza, a rejeté la proposition de la Ligue arabe.

Cette idée « légitime la colonisation et l'accaparement de la terre de Cisjordanie et de Jérusalem occupée », a affirmé dans un communiqué Salah Bardawil, un dirigeant du Hamas, reprochant à la Ligue arabe de ne pas s'élever plus fortement contre la colonisation.

Une annonce inattendue

L'initiative de la Ligue arabe sous la houlette du premier ministre du Qatar, Hamad ben Jassem ben Jabr Al-Thani, a été annoncée à Washington lors d'une réunion mardi avec le secrétaire d'État américain John Kerry.

M. Kerry avait qualifié cette décision de « très grand pas en avant ».

Des échanges, discutés lors des précédentes négociations de paix, permettraient à Israël de conserver les grandes colonies, où vit la majorité des colons, tandis que les Palestiniens recevraient des territoires actuellement sous souveraineté israélienne.

Le département d'État a évoqué mercredi une conversation téléphonique ces dernières 24 heures entre M. Kerry et le premier ministre israélien, sans donner plus de détails.

Quant à M. Nétanyahou, il a refusé de confirmer l'appel téléphonique.

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