DIVERTISSEMENT

Le phénomène Alexi Murdoch (ENTREVUE)

01/05/2013 11:18 EDT | Actualisé 01/05/2013 11:18 EDT
Courtoisie

MONTRÉAL - Musicien britannique de folk enveloppant, Alexi Murdoch est un spécimen à part. Loin d’être une pop star, bien au contraire, les projets de films et de séries télé sont néanmoins venus à lui. Gage d’appréciation, passeport pour une part de liberté, cet intérêt à fait de lui un artiste moins angoissé, qui prend davantage son temps pour jouer avec l’espace et la lumière. Discussion outre-atlantique avec cette âme vagabonde qui sera dans la Belle Province pour présenter son second album Toward The Sun, paru en 2011.

Malgré une visite l’an dernier en première partie du spectacle des Barr Brothers au Festival international de jazz de Montréal, Murdoch est toujours assez méconnu au Québec. Mais ceux qui étaient présents lors de sa performance au Métropolis garderont pour longtemps un magnifique souvenir de cet homme de 39 ans, qui captive par sa présence rayonnante et sa voix chaude, grave, posée. Sans d’artifice, il chante l’errance, les rapports humain (il parle entre autres de son père sur Some Day Soon) et la beauté du monde. Des thèmes universels empreints d’humanité.

C’est peut-être en partie pourquoi de nombreux réalisateurs cinématographiques comme Sam Mendes - pour son film Away We Go (Murdoch s’est chargé de la trame sonore en 2009) -, ont opté pour sa musique. C’est aussi le cas de la pièce Orange Sky, qui se retrouve notamment dans une panoplie de productions américaines: Dr House, Prison Break, Scrubs, The O.C., Grey’s Anatomy pour ne nommer que celles-ci.

« « Je n’ai jamais véritablement provoquer ces choses. Elles sont vraiment arrivées à moi naturellement. En fait, j’aime croire que c’est d’abord parque, quelque part, des gens on a aimé mon travail. Je ne suis quand même pas sollicité pour ma renommée planétaire », ironise le chanteur.

« Chose certaine, la télé et le cinéma m’ont permis de conserver une certaine indépendance de l’industrie musicale. Un peu partout dans le monde les gens ont pu entendre ma musique sans que je me casse la tête. Et nous savons à quel point les artistes peuvent faire des sacrifices afin de gagner leur vie pour obtenir un peu de reconnaissance. De mon côté, j’essaie de rester humble et de continuer à respecter ma nature. C’est la musique avant tout. D’ailleurs, je n’ai jamais véritablement composé pour la télé ou le cinéma outre la production de Sam Mendes. »

Liberté, source d’inspiration

Alexi Murdoch raconte qu’il aime prendre le temps de vivre et d’observer le monde autour de lui. Hermite à sa façon, il a adopté une région reculée de l’Écosse où « il peut respirer la vie et laisser filtrer la lumière ». La quiétude serait bonne pour l’inspiration chez lui. À entendre le ton calme et assuré de sa voix à l’autre bout du fil, on ne peut que constater l’effet bénéfique de cette tranquillité qu’il apprécie tant.

« C’est vrai, j’aime cette liberté professionnelle qui me permet de créer n’importe où, que ce soit dans les grands espaces naturels ou les mégapoles de l’Europe ou d’Amérique. J’ai étudié la philosophie à Los Angeles et j’ai apprécié découvrir cette ville. Tout comme j’ai bien hâte de retourner à Montréal, où je ne suis resté qu’une seule journée l’an dernier. J’aime profiter, c’est tout. La vie est courte. »

Cette fois-ci d’ailleurs, le chanteur se familiarisera davantage avec la métropole québécoise. « Je vais faire un spectacle et ensuite je vais y demeurer une semaine. Les frères Brad (il chantera en ouverture de soirée) et Andrew (il sera batteur invité lors du concert) Barr, à la suite d’une superbe rencontre aux États-Unis, sont restés en contact avec moi. Ils ont réussi à me réserver un studio où je vais tenter de commencer un nouvel album. Nous verrons pour la suite. Ils sont géniaux ces deux gars. Ils sont aussi responsables des autres musiciens qui seront sur scène avec moi. »

Et ce concert ? Un mélange de chansons issues du dernier disque et du précédent opus intitulé Time Without Consequence, sorti en 2006. S’ajouteront à ceci quelques nouveaux morceaux qui devraient se retrouver sur la prochaine mouture. Tout ça livré par cinq musiciens.

Certes, le magazine Rolling Stone considérait Alexi Murdoch comme l’un des dix artistes à surveiller en 2007. Mais c’est d’abord pour sa sensibilité et son authenticité que l’on doit assister au concert du chanteur, pianiste et guitariste.

Après Sherbrooke (1er mai) et Québec (le 2 mai), il sera de passage à Montréal (Cabaret du Mile-End) et Wakefield (The Black Sheep Inn) les deux jours suivants.