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Le budget de mars pourrait entraîner l'élimination de 14 000 emplois

29/04/2013 12:41 EDT | Actualisé 29/06/2013 05:12 EDT
CP

OTTAWA - Le plus récent budget fédéral pourrait coûter plusieurs emplois au pays et ralentir la croissance économique au cours des prochaines années, a estimé lundi le directeur parlementaire du budget dans un nouveau rapport.

Le budget 2013 présenté en mars pourrait réduire la croissance économique de 0,12 pour cent et empêcher la création de 14 000 emplois d'ici 2016, a indiqué le bureau du directeur parlementaire du budget (DPB) dans ses prévisions.

En combinant les plus récentes mesures budgétaires aux compressions dévoilées en 2012, l'économie canadienne pourrait compter en 2016 un total de 62 000 emplois de moins que si aucune des coupes n'avait été effectuée. Et ce nombre atteindrait 67 000 en 2017, selon le DPB.

Ces estimations ne signifient pas que les compressions entraîneront des pertes d'emplois, a précisé le DPB, mais plutôt que le marché de l'emploi sera plus faible qu'il ne l'aurait été sans la mise en place des mesures budgétaires. En langage économique, cela signifie que les dépenses gouvernementales ralentiront la croissance économique plutôt que de la relancer.

Selon le rapport du bureau du directeur parlementaire du budget, les plus récents niveaux de dépenses imposés par le dernier budget auront un effet positif minimal sur l'emploi — un gain statistique insignifiant pour l'année en cours et la prochaine —, mais à plus long terme, leur effet sera plutôt de réduire le nombre d'emplois en 2015, 2016 et 2017.

Le rapport prévoit en outre que l'économie affichera une croissance plus lente que celle anticipée par le ministre des Finances, Jim Flaherty, dans son budget de mars. La croissance du produit intérieur brut s'établirait à 1,5 et 1,9 pour cent en 2013 et 2014 respectivement, tandis que les estimations du budget visent plutôt des croissances de 1,6 et 2,5 pour cent. Cela ne devrait toutefois pas empêcher Ottawa de pouvoir équilibrer son budget en 2015.

En fait, selon les calculs du DPB, le gouvernement dégagera un surplus encore plus important que prévu — 3,7 milliards $ au lieu de 800 millions $ — en 2015-2016, alors que les citoyens seront appelés aux urnes. Il estime ainsi que le ministre Flaherty a prévu un fonds d'urgence plus imposant que nécessaire tout en tenant compte de la croissance des cotisations à l'assurance-emploi.

«D'après les perspectives économiques actuelles du DPB et les mesures et révisions (...) le DPB prévoit une nette amélioration du solde budgétaire du gouvernement à moyen terme», peut-on lire dans le rapport.

«Le DPB projette un déficit budgétaire de 25,0 milliards $ en 2012-2013, qui se rétrécit durant la période de projection, jusqu'à se transformer en un excédent budgétaire de 7,6 milliards $ en 2017-2018», poursuit-on.

La porte-parole néo-démocrate en matière de finances, Peggy Nash, estime que le rapport confirme ce que sa formation politique soutient depuis longtemps: la réduction des dépenses a un effet négatif sur la croissance économique.

«C'est intéressant: le DPB affirme que ces mesures ne sont pas nécessaires pour un retour à l'équilibre du solde structurel», a-t-elle expliqué. «Ce gouvernement ne fait rien dans ce budget pour soutenir les exportations, il ne fait rien pour stimuler les investissements dans le secteur privé, il espère que les consommateurs accumulent encore plus de dettes et que cela continue à faire rouler l'économie», a-t-elle fait valoir.

Dans une réponse transmise par courriel, le cabinet du ministre Flaherty a indiqué que l'objectif des mesures budgétaires demeurait de soutenir l'économie dans un contexte mondial difficile, notant que 900 000 emplois ont été créés depuis la récession de 2008-2009.

«Nous n'avons toutefois pas suivi l'exemple de certains pays — dépenser sans compter et créer une bureaucratie gouvernementale obèse», peut-on lire dans la déclaration. «Nous aurions été confrontés à des conséquences troublantes comme celles avec lesquelles certains pays européens doivent composer, incluant la croissance de la dette gouvernementale pour les prochaines générations.»

Ce rapport est le premier que publie le DPB depuis que Sonia L'Heureux en tient les rênes. Elle a succédé à Kevin Page le mois dernier.

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