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Commission de vérité et réconciliation: dernier jour pour témoigner au Québec

27/04/2013 09:48 EDT | Actualisé 27/06/2013 05:12 EDT
PC/DARRYL DYCK

Le volet montréalais de la Commission de vérité et réconciliation du Canada se termine, à l'hôtel Reine-Élizabeth, après quatre jours de témoignages sur les violences physiques et sexuelles infligées aux enfants envoyés dans les pensionnats autochtones entre 1870 et 1996.

C'est donc le dernier jour où les victimes des pensionnats autochtones et leurs enfants pourront partager ce qu'ils ont vécu.

Le président du Comité des orphelins de Duplessis victimes d'abus, Lucien Landry, témoignera lui aussi en cette dernière journée de ce qu'il a vécu aux mains des communautés religieuses. Les orphelins de Duplessis font partie des milliers d'enfants qui ont faussement été déclarés malades mentaux par le gouvernement du Québec et confinés dans des institutions psychiatriques, subissant pour la plupart mauvais traitements et sévices sexuels.

« Nous sommes vos frères, unis par des abus d'une grave lâcheté, des abus commis en partenariat par huit communautés religieuses québécoises et le gouvernement », dira Lucien Landry lors de son allocution.

Samedi matin, une cérémonie de purification a été organisée à la Place du Canada, un rite important dans la culture autochtone et un symbole de guérison. Une cinquantaine de personnes y ont participé.

« Nous sommes reconnaissants d'avoir encore le désir de marcher sur terre. Nous avons cette cérémonie tous les jours avant de nous rencontrer pour nous rappeler notre chance d'être en vie, pour profiter de tout ce que le Créateur a placé ici », a expliqué un chef de la communauté de Kanesatake, John Cree.

La Commission de vérité et réconciliation se déplacera en septembre à Vancouver pour entendre de nouveaux témoignages et les documenter.

Stratégie d'assimilation

Environ 150 000 enfants autochtones ont été retirés à leurs familles et envoyés dans des écoles chrétiennes dans le cadre d'une politique visant à « civiliser » les Premières Nations. Ces écoles étaient subventionnées par le gouvernement canadien et gérées par des congrégations religieuses, qui avaient le mandat d'assimiler les pensionnaires et de leur faire oublier leur langue, leurs croyances, leur culture et leurs traditions.

Souvent, les enfants étaient amenés loin de leur communauté et de leurs proches. Frères et sœurs étaient séparés. Quelque 30 000 enfants y auraient subi des agressions sexuelles ou physiques de la part des religieux, des administrateurs des établissements ou de camarades.