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Mali : doute sur la tenue d'élections à la date annoncée

26/04/2013 09:45 EDT | Actualisé 26/06/2013 05:12 EDT

Hormis le gouvernement malien, personne ne semble croire à la tenue d'élections présidentielles en juillet, comme affirmé à plusieurs reprises par les autorités maliennes. 

Le doute est exprimé au sein même des institutions qui sont chargées d'organiser et de superviser ces élections.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Mamadou Diamoutani, a affirmé que le 7 juillet, date avancée, mais non officialisée par le gouvernement, « est une date difficile à tenir ».

Il souligne qu'il existe des « préalables » à satisfaire, citant notamment l'établissement des listes électorales. Or, le délégué général aux élections (DGE), le général Siaka Sangaré, a indiqué qu'il ne disposait pas des données qui lui permettraient d'établir ces listes.

Par ailleurs, la domination durant près d'un an de la moitié nord du pays par les groupes islamistes a provoqué la fuite de plus de 400 000 personnes à l'étranger ou dans d'autres régions du pays.

Le vote de ces réfugiés constitue donc un défi difficile à relever. Voteront-ils à l'étranger ou dans les régions où ils se trouvent ? Les autorités n'ont pas encore fourni de réponse.

Autre défi : le gouvernement pourra-t-il organiser les élections sur l'ensemble du territoire? Rien n'est moins sûr, car même si les groupes armés ont fui les grandes villes du nord après l'offensive militaire française, ils ont toujours la capacité d'agir à Gao et à Tombouctou comme ils l'ont déjà démontré.

De son côté, l'envoyé spécial des Nations unies pour le Sahel, Romano Prodi, juge également qu'il sera difficile de tenir des élections à la date annoncée.

Un obstacle nommé MNLA

L'autre écueil auquel est confronté le gouvernement malien est la présence du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) dans certaines zones du pays, notamment la ville de Kidal.

Le mouvement séparatiste touareg a indiqué qu'il était exclu d'organiser des élections avant l'instauration d'un dialogue avec Bamako.

Le MNLA dit qu'il ne laissera pas l'armée malienne reprendre le contrôle du nord sans accord préalable avec le gouvernement.

« Si on n'est pas écoutés, si on veut coûte que coûte nous mettre à la merci du Mali, sans accord, sans rien, nous on apprend, on apprend à faire la guerre! La France sait qu'on ne va pas accepter de se désarmer sans qu'il y ait un consensus entre nous et le gouvernement du Mali », a déclaré sur les ondes de RFI, Mahamadou Djeri Maïga, le vice-président du mouvement.

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