BIEN-ÊTRE

AshleyMadison.com arrive au Québec: entrevue avec Noel Biderman

26/04/2013 05:44 EDT | Actualisé 26/04/2013 08:37 EDT
Courtoisie

À quel moment de l'année les femmes souhaitent-elles le plus vivre une aventure extraconjugale? Non, ce n'est pas le lendemain de la Saint-Valentin, selon le fondateur d'un site Web créé pour vous aider à tromper votre conjoint. Nous avons profité du lancement du site AshleyMadison.com au Québec pour discuter de mariage et d'infidélité avec celui qui se fait appeler «l'homme le plus détesté du Web».

Noel Biderman était à Montréal jeudi pour promouvoir le lancement de son site destiné aux gens mariés qui souhaitent vivre une aventure en toute discrétion. Lancé en 2002 à Toronto, AshleyMadison.com offre plusieurs fonctions qui le distinguent des sites de rencontre traditionnels. Par exemple, une application iPhone permet de générer un faux numéro de téléphone, dont vous pouvez vous débarrasser à tout moment. Ashley Madison permet aussi d'effacer toutes traces de votre passage sur le site Web, incluant les messages que vous avez envoyés.

Le slogan du site est d'ailleurs sans équivoque: «La vie est courte. Ayez une aventure.»

Noel Biderman a eu l'idée de lancer le site Web en voyant une statistique dans le journal: «Environ 30% des gens qui fréquentaient les sites de rencontre étaient déjà en couple, se souvient-il. Pourtant, aucun site ne s'adressait directement à eux, ni ne leur offrait la discrétion que nous proposons.» Et, comme on dit, l'occasion fait le larron: «J'y ai vu un marché.»

Et, à en croire Noel Biderman, le marché est très lucratif. Il affirme que son entreprise, dont les revenus ne sont pas publics, a un chiffre d'affaires dépassant les 100 millions $ annuellement.

En tant qu'ex-agent sportif, Noel Biderman avait une autre raison de s'intéresser aux incartades conjugales. À l'époque, il représentait plusieurs joueurs de basketball canadiens qui évoluaient en Europe. Loin des yeux, loin du coeur, plusieurs sportifs mariés avaient des petites amies outre-mer. «Je devais parfois gérer un divorce, parfois il fallait cacher un enfant illégitime, se rappelle-t-il. Mais, une chose était toujours claire, les épouses cocues ne souhaitaient pas que l'infidélité de leur mari soit rendue publique.»

Controverse et justifications

Présent dans 26 pays, le site Ashley Madison sème invariablement la controverse. Depuis 11 ans, Noel Biderman a développé tout un argumentaire pour justifier l'existence de son site de rencontre. «Mon site Web n'a pas changé l'infidélité, lance-t-il. Mes plus grands compétiteurs ne sont pas les autres sites de rencontre, mais Facebook et le milieu de travail.»

Il avance que deux millions de Canadiens vivent des relations de couple où le sexe est pratiquement absent; c'est à dire moins de trois fois... par année. Selon lui, une personne dans un mariage sans relations sexuelles a le droit d'être infidèle. «Le contrat est déjà brisé, dit-il. Avoir une aventure, dans le but de sauver le mariage, je ne crois pas que c'est briser le contrat. Je crois que le contrat a déjà été brisé par l'autre conjoint [qui refuse les relations sexuelles].»

Plus étonnant, il compare les couples infidèles... aux homosexuels à une autre époque. «Il y a quelques années, on ne comprenait pas que des gens aient des relations sexuelles avec une personne du même sexe, dit-il. Je crois que les personnes infidèles sont dans le même bateau.»

Il ajoute: «Ils sont coincés. Tout comme les gens qui souhaitent une relation homosexuelle, la société ne les accepte pas. Mais ils ont des désirs d'intimité que leur partenaire ne veut pas leur offrir.»

Et comment réagirait-il si son épouse, avec qui il est marié depuis 10 ans, le trompait? «Je serais fâché, mais je comprendrais l'aspect biologique de l'attirance, dit-il. D'un autre côté, je me demanderais ce que j'ai fait pour qu'elle en vienne à cette option.»

«Mais je serais très surpris qu'elle me trompe, ajoute-t-il. Je suis un mari très dévoué.» Il ajoute que son épouse serait «très fâchée» s'il se permettait d'être infidèle.

Les femmes aussi trompent leur mari

Avec les données fournies par son site Web, Noel Biderman est bien placé pour observer les tendances chez les époux infidèles. Sans trop de surprise, les hommes sont plus nombreux sur AshleyMadison.com, dans une proportion de plus de 64% au Québec. Jusqu'ici, le site était uniquement disponible en anglais et peu publicisé dans la province.

Toutefois, «les hommes n'ont pas une aventure seuls», rappelle Noel Biderman. Il faut bien que des femmes soient au rendez-vous. Premier constat, les femmes sont plus jeunes sur ce site Web dédié à l'adultère. Alors que la moyenne des hommes est de 38 ans, la femme-type a 32 ans.

«Au début, environ 90% des femmes cherchaient un homme en couple, dit Noel Biderman. C'est la théorie de la destruction mutuelle assurée.» Depuis environ cinq ans, les femmes sur son site recherchent plutôt à vivre un fantasme, que ce soit avec un homme plus jeune ou d'un type ethnique précis. Noel Biderman explique ce phénomène par l'influence d'Hollywood, où des femmes telles Demi Moore ont pris des conjoints beaucoup plus jeunes. «Elles reprennent un phénomène masculin qui veut qu'avec le succès vient le conjoint "trophée".»

Puis il y a eu le livre «50 Shades of Grey», une manne inespérée pour AshleyMadison.com. «Chaque fois que le livre était lancé dans un nouveau pays, le site a vu une forte hausse des inscriptions, dit Noel Biderman. Nous avons aussi vu de nouveaux mot-clé apparaître qui traduisaient des désirs féminins qui étaient absents du site avant, comme le "bondage".»

Et, messieurs, le lendemain de la Fête des mères est le jour où vous devriez couvrir votre conjointe de petites attentions. «Chaque année, c'est le jour où le plus de femmes s'inscrivent», dit Noel Biderman. Pourquoi ce jour plus que le lendemain de la Saint-Valentin? «Je peux seulement extrapoler, mais j'imagine qu'il y a des attentes qui ne sont pas concrétisées ce jour-là. De la même façon, c'est le lundi, après le week-end, que le plus de gens s'inscrivent.»

Alors que les publicités du site de rencontre ont souvent soulevé la controverse ailleurs dans le monde, Noel Biderman assure que ses messages télé ne devraient pas choquer les téléspectateurs québécois. Pour ce qui est des publicités extérieures... elles risquent d'être plus controversées.

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