DIVERTISSEMENT

New Love de Xavier Caféïne: la cure (VIDÉO)

19/04/2013 09:33 EDT | Actualisé 24/04/2013 03:25 EDT

MONTRÉAL - « Nous avons tous besoin d’un accident pour renaître. La vie, c’est une leçon. Après mon album Bushido [paru en 2009], j’ai connu l’explosion atomique du cœur. C’était la première vraie crise de ma vie. Je me trainais comme un chien sur le bord de la route. Comme si j’avais senti la mort tout près. Après des mois et des mois d’errance, je m’en suis finalement remis. Cette séparation est devenue le véhicule et c’est tant mieux. L’amour est un sujet inépuisable. Bien plus riche que la colère ou la haine. » Rencontre avec Xavier Caféïne, le rocker qui a les lettres L-O-V-E tatouées sur le corps.

« Babe, I know it’s too late […] My love for you, your love for me was never sane […] I can’t believe I almost died for you, my dear » balance le chanteur et multi-instrumentiste sur Love Disease, un air qui fait penser à la très jolie balade The Last Goodbye, du duo rock américain The Kills. Déchirure amoureuse pour cet artiste qui n’est pas un enfant de cœur. On n’en doute point, la chute a dû se vivre douloureusement et à fond. À la dure.

Dans le sillage de cet album produit à New York (coupé de presque tout, le chanteur a bien pris deux mois pour entamer l’écriture à l’île d’Orléans), au studio du réalisateur Gus Van Go (ancien Me Mom & Morgentaler), la passion, la déchirure et la tragédie. Rien de nouveau ici. Mais l’idée d’en faire un (quasi) album concept est en soi une proposition intrigante. De la naissance à la mort, les dix chansons (plus deux morceaux en bonus) évoquent la relation amoureuse. Mais il y a plus. Beaucoup plus.

New Love porte le sceau de la tristesse, mais aussi de la renaissance. C’est un disque énergique à souhait rempli de passages vivants et accrocheurs. Passionné de la musique des années 1990, du son alternatif, new wave et punk-rock, Xavier Caféïne s’en est carrément inspiré. Par ailleurs, il n’a pas peur des comparaisons : The Cure, Depeche Mode, Joy Division, David Bowie, The Clash sont des artistes qu’ils respectent énormément et qu’il aime toujours écouter. « Si quelque part ça sonne comme eux, c’est bien. C’est la musique qui m’habite », lance Xavier Caféïne.

Métaphorique aussi ce New Love avec ses histoires de loup (Left for Dead), d’éléphant (L’orpheline), de signe (Black Swans) et de vampire (No Love) qui personnifie le chanteur célibataire qui s’est trop longtemps meurtri l’âme: « Tout comme je m’inspire de ces chanteurs mythiques, je puise beaucoup dans les animaux. Souvent, je trouve qu’ils me ressemblent. »

Une vague en anglais

Cette œuvre très personnelle, Xavier Caféïne la chante pourtant en grande majorité en anglais : « J’avoue ne pas trop me soucier de cette réalité. Bien d’autres artistes montréalais comme moi ont eu envie de créer dans cette langue qui nous ressemble aussi. L’anglais fait partie de moi, parce qu’elle est partout autour, dans la vie et dans la musique. Quand je travaillais les mélodies de l’album, ce sont des paroles anglophones qui me venaient à l’esprit. crois que New Love s’est toujours développé en ce sens [dans la langue de Shakespeare]. »

« Mon séjour à New York n’a fait qu’accentuer la présence de l’anglais dans mon travail. Au fond, je veux qu’il soit entendu au-delà des frontières québécoises. Je veux aussi que ça sonne comme je l’entends sur les disques de new wave. Je reste quand même un Montréalais ! »

Xavier Caféïne explique qu’il désirait depuis longtemps collaborer avec Gus Van Go. Pour toutes sortes de raisons toutefois, les tentatives se sont avérées vaines, du moins jusqu’à l’arrivée projet New Love.

« C’est génial d’avoir passé deux mois dans la Grosse Pomme », raconte l’auteur-compositeur-interprète. « Cette ville m’a permis d’être en contact avec mes émotions. De prendre une pause de mon trop-plein de Montréal et du Québec. Même isolé du téléphone, internet et de la télé à l’île, j’avais de la difficulté à avoir les idées claires. Les deux gars (Werner F étant le troisième complice sur le disque concernant la réalisation, les arrangements et le mixage) m’ont beaucoup aidé à faire le ménage et mettre tout ça en musique. Notre rencontre a été très constructive. D’autant plus que je me suis occupé d’à peu près tous les instruments (batterie, clavier, guitare, basse et autres). Ils ont resserré le tout. Ils ont critiqué et reconstruit avec moi les maquettes que j’avais au départ […] J’espère qu’on va retravailler ensemble. »

New Love, une rage bien dosée, un souffle qui remue, un cri rassembleur. Belle façon de se retrouver et de se propulser en avant. À chacun sa cure. Celle de Xavier Caféïne est mordante et sans compromis.

New Love en magasin dès le 23 avril.

Le même jour, une courte prestation sera offerte aux Foufounes Électriques, à Montréal, en gage de lancement.

EN VIDÉO: