BIEN-ÊTRE

Le Printemps reconverti en centre commercial de luxe, 226 emplois menacés

24/04/2013 04:34 EDT | Actualisé 24/06/2013 05:12 EDT

Le Printemps, qui doit être racheté par un groupe d'investisseurs qataris, pourrait devenir un centre commercial de luxe, dont les emplacements seraient vendus au prix fort à des marques de luxe, menaçant ainsi 226 emplois, selon le site d'informations en ligne Mediapart.

D'après des documents internes que s'est procuré Mediapart, le vaisseau amiral du Printemps sur les Grands Boulevards parisiens, "le seul qui intéresse les acheteurs qataris", sera radicalement transformé après le rachat et "n'aura plus grand-chose à voir" avec le grand magasin actuel.

Le Printemps "est appelé à devenir dans un premier temps un centre commercial, les propriétaires comptant louer à prix d'or des espaces pour des marques de luxe", indique Mediapart.

Le futur plan d'action, baptisé "Arthur 3" a servi à vendre le projet de rachat aux Qataris et a été signé par les parties le 21 décembre. Toutefois, selon la direction du Printemps, ce plan, sur lequel figure uniquement la mention "projet", n'existe pas.

Selon les documents publiés par Mediapart, il "prévoit la suppression totale du rayon enfant, du rayon bain, la division par deux des produits de la maison, des arts de la table, des meubles".

L'objectif est simple: transformer le Printemps en temple du luxe, dédié aux marques haut de gamme, et destiné à attirer la riche clientèle de touristes étrangers.

Avec en ligne de mire un doublement du chiffre d'affaires d'ici 2019, et des taux de marges de 38% pour l'horlogerie, 36,7% pour les chaussures, rien que dans le bâtiment abritant actuellement le Printemps de l'Homme, qui sera entièrement repensé.

Sur chacun des bâtiments du Printemps, les marques de luxe règneront en maîtres, louant "très cher" des espaces de vente aux Qataris et gérant tout, y compris les salariés.

D'après les syndicats du Printemps, qui ont reçu copie des documents par Mediapart, "ce sont au moins 226 postes qui seront supprimés, des salariés des marques, mais aussi des salariés Printemps dans la centrale d'achat, la logistique, la comptabilité et dans les réserves si la direction met en place ce projet Arthur 3", a dit à l'AFP Bernard Demarcq, secrétaire général du syndicat UGICT-CGT.

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