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La ministre De Courcy jette du lest pour sauver son projet de loi sur la langue

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DIANE DE COURCY
CP

QUÉBEC - La Coalition avenir Québec (CAQ) accorde un sursis au projet de loi 14 sur la protection de la langue française mais pose de nouvelles conditions pour appuyer son adoption.

Les reculs importants annoncés par la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, ne suffisent pas aux yeux de la CAQ qui est revenue à la charge mercredi en exigeant encore davantage de lest.

Puisque les libéraux ont signifié qu'ils voteront contre le projet de loi au nom de la promotion du bilinguisme, le gouvernement minoritaire de Pauline Marois doit rallier le deuxième parti d'opposition pour mettre en oeuvre sa réforme de la loi 101.

«Nous voterons, à la Coalition, en faveur de la première lecture du projet de loi 14 parce que nous voulons donner une dernière chance au gouvernement de proposer des amendements qui rendraient la loi acceptable», a déclaré le chef caquiste, François Legault, mercredi, en point de presse.

En matinée, la ministre De Courcy a accepté de reculer sur certains aspects les plus controversés du projet de loi dans l'espoir d'amadouer la formation de François Legault.

En outre, elle a écarté la disposition privant les militaires francophones de leur privilège d'inscrire leurs enfants à l'école anglaise. Cette épineuse question sera renvoyée à un autre projet de loi, portant celui-là sur les écoles passerelles, probablement en juin, a indiqué la ministre.

Mme De Courcy s'est aussi montrée disposée à assouplir les règles pour permettre à certaines municipalités de conserver leur statut bilingue même si le ratio de résidants anglophones est inférieur à 50 pour cent.

Mais la CAQ n'est pas rassasiée et réclame de nouvelles concessions. Elle exige l'élimination de toute entrave à l'accès des francophones aux programmes contingentés dans les cégeps anglophones, l'abandon des pouvoirs d'enquête étendus de la ministre et l'introduction de mesures incitatives plutôt que coercitives pour la francisation des PME.

Les caquistes demandent aussi à la ministre de renoncer à inscrire «le droit de vivre et de travailler en français» dans la Charte des droits et libertés. Ce passage aurait mieux sa place dans la Charte de la langue française, a soulevé la députée de Montarville, Nathalie Roy, responsable du dossier au sein de la CAQ.

Malgré la liste d'épicerie qui s'allonge, la ministre De Courcy a accueilli avec soulagement la décision de la CAQ de consentir tout au moins à l'étude du projet de loi.

«C'est une bonne nouvelle et une sage décision», a-t-elle affirmé au terme de la séance hebdomadaire du conseil des ministres. Plus tôt dans la journée, la ministre avait déploré le «silence radio» de la CAQ dans le dossier, évoquant même un «scénario catastrophe».

«Je ne peux pas ne pas envisager un scénario catastrophe, à savoir que la question de la protection intelligente et moderne de la langue ne puisse pas être à l'ordre du jour du Parlement. Ça me sidère», avait-elle fait valoir.

De leur côté, les libéraux ont adopté une position bien campée. Le projet de loi 14 est inacceptable sur toute la ligne parce qu'il comporte des mesures coercitives et surtout, parce qu'il entrave le bilinguisme.

Devant les reporters, le chef Philippe Couillard a exprimé sans détour son attachement au bilinguisme qu'il considère comme un outil «indispensable», en particulier chez les jeunes.

Le Parti québécois, a estimé M. Couillard, présente le bilinguisme des francophones comme «une menace à notre société» alors que «partout ailleurs dans le monde le fait d'être au moins bilingue sinon trilingue est un atout indispensable».

«N'ajoutons pas d'obstacles sur le chemin de nos jeunes pour devenir bilingues, par exemple avec la fréquentation des cégeps (anglophones)», a-t-il poursuivi.

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