POLITIQUE

Des établissements postsecondaires privés chrétiens financés par Ottawa

22/04/2013 04:35 EDT | Actualisé 21/06/2013 05:12 EDT
AP
Canadian Prime Minister Stephen Harper delivers a statement regarding the federal government review of the $15.1-billion takeover of Nexen Inc. by China's CNOOC Ltd. and the $6-billion takeover of Progress by Malaysia's Petronas, Friday Dec. 7, 2012. (AP Photo/The Canadian Press, Fred Chartrand)

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a accordé plus de 20 millions de dollars à des universités et des collèges privés chrétiens au cours des dernières années. Plusieurs de ces établissements interdisent les relations homosexuelles, qu'ils considèrent comme un péché.

Le plan d'action économique du gouvernement fédéral, annoncé en janvier 2009, comportait un volet pour soutenir les collèges et les universités au pays. Une analyse de ces projets d'infrastructure révèle que 13 universités et collèges privés chrétiens, évangéliques pour la plupart, ont obtenu plus de 20 millions de dollars en vertu de ce programme.

Par exemple, l'Université Trinity Western, en Colombie-Britannique, a obtenu 2,6 millions de dollars grâce au programme. Le Collège universitaire Redeemer, en Ontario, et l'Université Crandall, au Nouveau-Brunswick, ont quant à eux reçu respectivement 3 et 6 millions de dollars.

Ces établissements exigent du personnel et des étudiants qu'ils adhèrent à un code moral. Ce code interdit, entre autres, toutes relations homosexuelles, considérées comme contraire à la Bible.

« Le gouvernement fédéral ne devrait pas subventionner des établissements qui ont des pratiques discriminatoires », estime Robert Johnson, porte-parole de l'Association canadienne des professeurs d'université.

De son côté, l'Association chrétienne pour l'éducation supérieure (Christian Higher Education Canada) réplique que les établissements religieux ont aussi des droits et avance que même s'ils ont des codes moraux, ils sont conformes aux exigences des lois sur les droits de la personne.

Angela Cameron, professeure à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa, admet que les institutions religieuses privées ont le droit de mettre au premier plan les droits religieux. Toutefois, selon elle, lorsqu'un établissement privé reçoit des fonds publics, cela entraîne de nouvelles obligations, soient celles de « balancer les droits entre les droits religieux et les droits des individus gais et des lesbiennes ».

Dans une réponse écrite, le ministre d'État aux Sciences et à la Technologie, Gary Goodyear, explique que tous les collèges et les universités accrédités étaient admissibles au programme. Toutefois, il n'explique pas pourquoi le gouvernement a choisi d'inclure les établissements privés religieux.

D'après un reportage de Brigitte Bureau.

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