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Chiheb Esseghaier, de scientifique à présumé terroriste

22/04/2013 10:15 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT
Radio-Canada.ca

On commence à en savoir davantage sur Chiheb Esseghaier, 30 ans, le suspect arrêté à Montréal par la police canadienne et les services de renseignements dans une affaire de complot terroriste visant un train de passagers VIA.

L'homme originaire de la Tunisie, qui ne possède pas la citoyenneté canadienne, tout comme son coaccusé, vivait au pays depuis quelque temps. Il serait arrivé au Québec en août 2008, après avoir entrepris des études en ingénierie à Tunis.

Il commence alors des études à l'Université de Sherbrooke pour faire de la recherche dans les domaines de la chimie et de la biologie.La GRC a confirmé qu'Esseghaier a étudié à l'Université de Sherbrooke, ce que l'institution refuse de faire. Elle a même ordonné à son personnel de ne pas parler aux médias.

La page de réseautage Linkedin du suspect révèle toutefois qu'il a fréquenté l'Université de Sherbrooke du mois d'août 2008 à septembre 2009. Il a également publié des articles scientifiques sur la détection du virus grippale de type A. L'an dernier, il a aussi publié un article sur une nouvelle méthode de détection du cancer de la prostate.

Depuis novembre 2010, il est doctorant à l'Institut national de recherche scientifique (INRS). Il oeuvre au Centre Énergie, Matériaux et Télécommunications, qui se trouve à Varennes, au sud de Montréal. L'INRS compte quatre centres de recherche au Québec, dont trois sont situés dans la région de Montréal où se déroule près de 75 % des travaux de recherche.

Quelques heures après l'annonce de son arrestation, ses collègues montréalais de l'INRS se sont dits consternés.

« On est vraiment choqués, c'est du fanatisme », a déclaré un étudiant au doctorat, Faouzi Bellili, interrogé par Radio-Canada.

« J'ai vu qu'il est obscurantiste, mais je n'ai pas senti franchement qu'il allait faire des trucs comme ça », a-t-il ajouté.

Chiheb Esseghaier aurait notamment reproché à M. Bellili de payer des impôts et d'aider ainsi le gouvernement canadien. « J'ai même parlé de lui à ma femme. Je suis marié. Et on a parlé de lui il y a quelques mois et j'ai dit attention, ce gars-là, il est très dangereux », a-t-il indiqué.

Le profil du suspect sur le réseau professionnel LinkedIn est illustré d'un drapeau noir, marqué d'inscriptions en blanc portant la profession de foi musulmane, et qui est devenu l'étendard des salafistes. « Il n'y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète », lit-on sur le drapeau.

Si plusieurs informations ont commencé à filtrer sur Chiheb Esseghaier, on en sait toujours très peu sur Raed Jaser, son coaccusé de 35 ans, qui vivait dans la région de Toronto.

Selon le quotidien National Post, qui cite un de ses voisin à Toronto, M. Jaser est Palestinien, citoyen des Émirats arabes unis, et possède le statut de résident permanent au Canada.