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Pakistan : l'ex-président Musharraf en détention

19/04/2013 08:21 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT

L'ancien président pakistanais Pervez Musharraf a été transféré, vendredi, au centre de détention du quartier général de la police à Islamabad pour être interrogé en attendant de comparaître pour le renvoi illégal de juges lorsqu'il était au pouvoir.

Quelques heures plus tôt, il avait été placé en résidence surveillée dans sa villa en banlieue de la capitale pakistanaise. Selon son porte-parole, Mohammed Amjad, la police n'a pas fourni les documents administratifs nécessaires pour qu'il soit détenu chez lui. Il a donc été amené au quartier général de la police en attendant son audience, d'ici deux jours.

La police pakistanaise n'a fait aucun commentaire.

L'ancien général Musharraf avait pris le pouvoir en 1999 après un coup d'État. Il avait été contraint de démissionner en 2008 après des législatives perdues par son parti. Jusqu'à tout récemment, il vivait en exil à Londres et à Dubaï.

L'homme de 69 ans est revenu au Pakistan le mois dernier dans l'espoir de mener son parti au pouvoir lors des prochaines élections générales, le 11 mai. Toutefois, un tribunal pakistanais a exclu sa candidature estimant qu'il avait à plusieurs reprises « violé la Constitution » lorsqu'il était au pouvoir, notamment en plaçant des juges en résidence surveillée, dont le juge en chef de la Cour suprême, lors de sa confrontation avec l'appareil judiciaire, en 2007.

La justice reproche aussi à Pervez Musharraf de ne pas avoir fourni de protection suffisante à l'ancienne première ministre Benazir Bhutto, assassinée en décembre 2007. Il a également été mis en cause dans la mort du chef séparatiste du Baloutchistan, Akbar Bugti, en 2006.

L'ancien président dément toutes ces accusations.

Une fuite remarquée

Jeudi, l'ancien général s'était présenté à une audience pour prolonger sa liberté sous caution qui lui avait été accordée dans cette affaire du limogeage de juges. Toutefois, le tribunal a refusé la requête et ordonné son arrestation estimant que Pervez Musharraf avait répandu « la peur dans la société », « l'insécurité chez les magistrats » et « le terrorisme à travers le Pakistan » lorsqu'il était à la tête de l'État.

Au Pakistan, où les coups d'État militaires se sont répétés au fil des années, c'était la première fois que la justice ordonnait l'arrestation d'un ancien chef d'état-major de l'armée, qui est souvent considérée comme l'institution la plus puissante du pays.

L'ancien président avait malgré tout échappé à son arrestation en quittant précipitamment le tribunal sous la protection de ses gardes du corps pour s'enfuir dans son véhicule noir et retourner dans sa villa. Ses avocats disaient alors qu'il allait aller en appeler devant la Cour suprême.

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