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Égypte : heurts violents sur fond de crise économique

19/04/2013 05:09 EDT | Actualisé 18/06/2013 05:12 EDT

Des partisans et des opposants au président Mohamed Morsi se sont affrontés vendredi au Caire. Bilan : au moins 82 blessés.

Les partisans du président Morsi sont sortis dans la rue pour réclamer une refonte du système judiciaire hérité de l'ère de l'ancien président Hosni Moubarak.

« Le peuple veut l'assainissement de la justice », scandaient les manifestants.

Les manifestants étaient rassemblés devant la Cour suprême lorsque les contre-manifestants sont arrivés sur les lieux et ont brûlé un autobus affrété par les Frères musulmans.

S'en sont suivis des heurts violents entre les antagonistes. Les uns jetaient des pierres, les autres répondaient par des jets de cocktails Molotov.

Des hommes du « Black Bloc », portant des masques, se trouvaient parmi les opposants au président Morsi.

Un journaliste de l'AFP a constaté que des opposants tiraient à la chevrotine sur les Frères musulmans.

Par la suite, des policiers sont arrivés sur place pour disperser les manifestants à coup de gaz lacrymogènes.

Les autorités semblent avoir le plus grand mal à maîtriser les affrontements de rue répétés entre partisans et opposants au président Morsi.

Le premier ministre Hicham Kandil a averti que la « poursuite des manifestations accompagnées de violences nuit pleinement à la sécurité et à l'économie du pays et entrave les plans de réformes ».

De son côté, le ministère de l'Intérieur a appelé « tous les courants politiques à aider les forces de l'ordre à accomplir leur mission de sécurisation des manifestants pour éviter que les affrontements ne se soldent par des victimes ».

L'os du système judiciaire

Les relations entre le président Morsi et le pouvoir judiciaire sont tendues depuis le début de son règne.

Le dernier épisode de la bataille entre les deux camps se déroule au Sénat, où ses membres, majoritairement islamistes, s'apprêtent à discuter des amendements à la loi judiciaire prévoyant notamment de ramener l'âge de la retraite des juges de 70 à 60 ans.

Des juges y voient une manœuvre pour se débarrasser de magistrats hostiles.

Dans un précédent épisode, la justice avait rejeté le limogeage du procureur général, qui avait été nommé par le président déchu Hosni Moubarak.

Le procureur a été remplacé par un autre soupçonné d'être proche des Frères musulmans.

Crise économique et sociale

La multiplication des affrontements violents se déroulent sur fond de grave crise économique. Le pays est confronté à une baisse des revenus du tourisme et à un effondrement des investissements étrangers.

Les réserves de devises sont passées de 36 à 13,5 milliards de dollars en deux ans. Par conséquent, la capacité du pays à importer les produits essentiels s'est sérieusement rétrécie.

C'est dans ce contexte que le gouvernement négocie difficilement un prêt de 4,8 milliards de dollars avec le FMI. Mais un accord avec le FMI sera accompagné de mesures de rigueur budgétaires qui risquent d'enflammer davantage la rue égyptienne.

Le FMI a expliqué que l'aide de 5 milliards de dollars du Qatar ne saurait se substituer à un accord avec l'institution financière.

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