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Suicide de Rehtaeh Parsons: affiches en appui aux garçons

18/04/2013 01:57 EDT | Actualisé 18/06/2013 05:12 EDT
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HALIFAX - La Gendarmerie royale du Canada (GRC) en Nouvelle-Écosse dit s'inquiéter d'affiches apparues récemment dans les rues de Halifax et qui viennent appuyer les quatre jeunes hommes soupçonnés d'avoir agressé sexuellement Rehtaeh Parsons, craignant qu'ils n'incitent des comportements de «justice de rue» contre les adolescents.

Les affiches colorées portent l'inscription «Dites la vérité», et pressent les citoyens d'appuyer les quatre garçons, bien qu'elles ne les identifient pas. «Il y a deux versions à chaque histoire. Écoutez avant de juger», plaide-t-on sur les affiches.

Selon le caporal Scott MacRae, de la GRC, ces affiches ne sont pas illégales mais la police a reçu des plaintes de citoyens à leur sujet.

Il a également indiqué qu'une page Facebook créée en appui aux quatre adolescents avait récemment été fermée par son administrateur, après que la GRC eut craint que l'identité des présumés agresseurs ne soit divulguée et que cela n'interfère avec l'enquête policière en cours.

«Nous ne sommes pas ici pour "policer" Internet, ou pour empêcher des gens d'exprimer leurs opinions, du moment que cela est fait dans le cadre d'une discussion ouverte, franche et honnête», a dit le caporal MacRae.

«Lorsque cela est fait d'une façon potentiellement risquée, ou sans s'appuyer sur toutes les informations, certaine personnes pourraient agir en fonction de cette unique information, et cela est dangereux.»

Dans un message publié sur Facebook, la famille de Rehtaeh Parsons affirme que les affiches constituent un «manque de respect», et tentent de discréditer l'adolescente de 17 ans après sa mort.

La cousine de la présumée victime, Angela Parsons, estime que les affiches collées près de la résidence familiale constituent du harcèlement.

La famille allègue que Rehtaeh Parsons a été agressée sexuellement lors d'une fête en novembre 2011, puis intimidée pendant des mois, notamment sur les médias sociaux, avant de se pendre, le 4 avril. Elle a été débranchée des appareils qui la maintenaient en vie quelques jours plus tard.

La GRC a annoncé vendredi dernier la réouverture de l'enquête sur l'agression sexuelle présumée, après avoir reçu ce qui est qualifié d'information nouvelle et crédible.

La police fédérale avait auparavant indiqué que les preuves étaient insuffisantes pour déposer des accusations dans cette affaire.

Par ailleurs, le gouvernement néo-écossais a mandaté jeudi deux spécialistes en éducation pour mener une étude indépendante sur la façon dont le Conseil scolaire régional de Halifax a réagi à cette affaire.

Marilyn More, ministre responsable de la Condition féminine, affirme que le dossier a jeté un nouvel éclairage sur l'intimidation et la violence faite aux femmes.

Selon la ministre, les spécialistes, Debra Pepler et Penny Milton, présenteront un rapport intérimaire le 10 mai, et un rapport final d'ici le 14 juin.

Les deux expertes devront déterminer si les politiques du conseil scolaire ont été suivies, présenter des recommandations pour pallier les lacunes et s'assurer de protéger la sécurité et la santé mentale des élèves.

En raison des problèmes en matière de santé mentale, les deux personnes mandatées examineront également le rôle de la Régie régionale de la santé et du Centre de santé IWK, le plus important hôpital pour enfants de la région.

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