DIVERTISSEMENT

Oser une autre vie, à Radio-Canada: risquer le tout pour le tout

17/04/2013 01:11 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT
Radio-Canada

Rêver de balancer en l’air son train-train quotidien pour aller s’établir à la campagne et mettre sur pied sa propre ferme auto-suffisante, c’est une chose. Passer à l’acte, c’en est une autre. Dès lundi prochain, à 19h30, Radio-Canada nous invite à rencontrer des gens qui sont prêts à risquer le tout pour le tout pour changer de vie et concrétiser un fantasme qui leur tient à cœur, dans Oser une autre vie, qu’anime Chantal Fontaine, sorte de téléréalité dénuée de flafla, à la fois instructive et divertissante.

Au fil des 10 épisodes de 30 minutes, on donnera l’opportunité à des candidats de vivre pleinement le projet qui les tente en les jumelant à des mentors qui ont vécu la même expérience. Oubliez les leçons de morale, le prêchi-prêcha, les envolées philosophiques et autres préceptes dérivés du Secret. Ici, on a les deux pieds sur terre, dans le concret. Pendant leur immersion, d’une durée de 48 heures, les participants devront se soumettre à divers défis visant à tester leur motivation et leur courage. Ils devront s’impliquer pleinement et verront leur volonté mise à l’épreuve, bien au-delà de la vision romantique qu’on entretient généralement devant une aventure du genre.

Par exemple, au premier épisode, Gabrielle et José, deux travailleurs de l’ombre dans le domaine du cinéma, imaginent justement leur futur sur une ferme et se voient cultiver des fines herbes. Pour s’initier aux activités agricoles, ils croiseront le fer avec Brigitte et Michel, propriétaires d’une bergerie, d’une fromagerie et d’une pommeraie. Épaulés par leurs hôtes, ils devront prendre soin des animaux, écurer la bergerie et négocier avec des clients. Dans le deuxième cas, une infirmière se lancera dans la planification de mariages. Puis, une femme désirera ouvrir une conciergerie et aura comme mandat de récupérer une Ferrrari dans un stationnement souterrain. Son embarras au volant vous fera certainement rigoler.

À chaque semaine, les téléspectateurs seront appelés à se rendre sur Internet (www.radio-canada.ca/oser) pour évaluer le potentiel de réussite des joueurs et l’intérêt de leur projet, et leur donner une note sur 10. À la fin de la saison, celui ayant obtenu le score le plus élevé remportera 20 000 et le second, 10 000$, des montants remis par le Mouvement Desjardins. Les gagnants seront dévoilés au dixième et dernier rendez-vous.

«As-tu tes permis?»

Chantal Fontaine chapeaute habilement les échanges entre les guides et les aspirants et assure les liens entre les différents segments d’Oser une autre vie. Elle-même femme d’affaires, la tête d’affiche endosse complètement les valeurs véhiculées par le concept.

«La passion, ce n’est pas tout, martèle-t-elle. Tu veux lancer ton entreprise? C’est bien. Mais as-tu tous les permis requis? Ce côté-là manque souvent dans ce genre d’émission. On est beaucoup dans la poésie, mais la réalité, c’est autre chose.»

La comédienne a elle-même misé gros, il y a trois ans, en ouvrant le restaurant Accords, en partenariat avec Guy A.Lepage. Bien que son métier d’actrice la tienne occupée – elle joue notamment dans Yamaska, à TVA -, Chantal passe énormément de temps dans son établissement du Vieux-Montréal et voit elle-même à la bonne marche de son commerce («Il n’y a pas une cent noire qui ne me passe pas dans les mains»). Et elle avoue que les étapes qui l’ont menée à la concrétisation de son ambition ont été par moment périlleuses.

«Si c’était à refaire, je le ferais encore, mais la restauration, à Montréal, c’est intense!, s’enflamme-t-elle. Bien avant l’assiette et le verre de vin, c’est complètement fou, la quantité de permis nécessaires, et tout ce qu’il y a à voir pour l’hygiène et la salubrité.»

«Aujourd’hui, je suis plus outillée. Si je l’avais été au départ comme le sont les candidats d’Oser une autre vie, c’aurait fait une grande différence. Je ne me suis pas cogné le nez, mais j’aurais pu faire certaines choses différemment.»

Le rythme de l'émission est saccadé et dynamique. On ne s’éternise pas à introduire les protagonistes et à exposer leur pedigree, et on ne s’arrête pas à leurs drames humains. On va droit à l’essentiel, dans un enrobage musical qui relève le tout.

Au total, 400 personnes se sont inscrites pour concourir à cette formation sur le terrain, en accéléré; on a retenu celles dont les projets semblaient les plus intéressants et dont la démarche semblait sérieuse. Dans les autres demi-heures, on explorera l’univers d’une boulangerie, d’une coopérative d’habitation pour enfants handicapés, d’un courtier immobilier et d’un fabricant de vélos artisanaux.

Mariage de valeurs

Oser une autre vie, une production de LP8 Média, est une première tentative de « contenu de marques » pour Radio-Canada., qui s’est aussi associée à Desjardins pour financer l’émission estivale. La société d’état parle d’un « mariage de valeurs » avec l’institution financière, qui vote chaque année un budget pour contribuer à la communauté et cherchait depuis longtemps à soutenir monétairement un tournage télévisuel qui transmettrait un message éducatif. Radio-Canada se dit satisfait du partenariat et n’écarte pas la possibilité de renouveler le procédé dans l’avenir.