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Air Canada et WestJet voudraient aussi des jets au centre-ville de Toronto

17/04/2013 08:40 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT

Intentions réelles ou tactique commerciale pour mettre du plomb dans l'aile de leur concurrent Porter? Les transporteurs Air Canada et WestJet veulent, selon le Toronto Star, faire atterrir eux aussi des avions à réaction à l'aéroport du centre-ville de Toronto, si Porter en obtient le droit.

Porter a annoncé en grande pompe la semaine dernière son plan d'acheter jusqu'à 30 jets du nouveau modèle CSeries de Bombardier pour offrir, à partir de 2016, des vols vers des destinations plus éloignées comme Vancouver, Los Angeles et Miami. Le PDG de Porter affirme que les nouveaux jets seraient très peu bruyants.

Le hic : le transporteur a besoin de l'autorisation du fédéral, de la Ville Reine et de l'Administration portuaire de Toronto pour lever l'interdit visant les jets à l'aéroport Billy Bishop et y prolonger la piste d'atterrissage principale. Le maire Rob Ford a donné son appui au projet, mais nombre de conseillers municipaux et de résidents du quartier de l'aéroport s'y opposent avec véhémence.

Intentions sérieuses?

Air Canada, qui avait délaissé l'aéroport des îles avant d'y faire un retour après le lancement de Porter en 2006, se plaint depuis plusieurs années du fait que le petit transporteur monopolise les créneaux de décollage et d'atterrissage à l'aérodrome.

Selon le Toronto Star, Air Canada pourrait aussi acheter des avions de la CSeries et s'en servir pour l'aéroport Billy Bishop. Pour sa part, WestJet pourrait y utiliser des Q400, le type d'appareil à hélices dont Porter se sert actuellement, ou même de petits avions à réaction.

Ces révélations pourraient plaire aux voyageurs, mais elles risquent de donner des munitions aux opposants de l'expansion de l'aéroport du centre-ville. Ces derniers prédisent un accroissement de la pollution sonore et visuelle ainsi que de la congestion routière dans le secteur. Ces pressions populaires pourraient convaincre une majorité d'élus torontois de s'opposer au projet d'expansion de Porter.

Lors de la campagne électorale à la mairie en 2003, Air Canada Jazz avait contribué indirectement à la victoire de David Miller en demandant à l'Administration portuaire l'autorisation de faire atterrir des jets au petit aéroport, alors que Porter planifiait d'y offrir ses premiers vols. M. Miller, qui faisait campagne à l'époque contre la construction d'un pont vers l'aéroport des îles, s'était servi des craintes entourant l'expansion des installations pour se faire élire.

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