DIVERTISSEMENT

Marcel Sabourin avec «Heureux? T'as pas honte!»: l'homme de mots crie son bonheur d'exister

16/04/2013 09:32 EDT | Actualisé 16/04/2013 09:33 EDT
Courtoisie

À 78 ans, Marcel Sabourin n’a pas l’intention de se taire. L’infatigable homme de mots sera sur la scène du Théâtre Outremont, ce mardi, pour une prestation en solo intitulée Heureux? T’as pas honte!, un monologue comme lui seul sait en livrer, presque entièrement improvisé. Et si on se fie à l’entretien qu’il a accordé au Huffington Post Québec à la veille du grand soir, on peut déjà prédire que sa verve légendaire et son énergie de jeune premier envoûteront à coup sûr le parterre.

«De quoi parlerez-vous pendant cette carte blanche, Monsieur Sabourin?»

«En fait, je ne sais pas vraiment ce que je vais dire… Je veux parler de ce qui se passe en ce moment. De ce que c’est que de vivre, maintenant. De respirer. D’être fait de bactéries, de cellules. On pense rarement à ces choses-là. On est distraits par tout ce qui va mal, par les choses qu’on veut s’acheter, par notre travail, par nos communications… Et on ne se rend pas compte qu’on est quelque chose d’indéfinissable. Qui n’est pas pensable.»

«Le fait d’exister, c’est un miracle terrible, auquel on ne pense jamais. C’est une loterie qu’on a gagnée sur des milliards et des milliards de participants. Et nous, on prend ça pour du cash, tous les jours. Je ne dis pas qu’on doive remercier une puissance quelconque, mais est-ce qu’on réalise ce que c’est, de ne pas exister? C’est comme si l’univers n’existait pas. Moi, j’aime vivre. Je signerais n’importe quand pour un autre mille ans! Mais je ne vois pas ça souvent chez mes contemporains.»

Tout au long des 40 minutes qu’aura duré l’échange téléphonique, la journaliste n’aura pas osé interrompre Marcel Sabourin dans son élan de réflexions, de considérations scientifiques, de constats sur le monde d’aujourd’hui et d’anticipations sur celui de demain. Difficile de ne retranscrire ici que les faits saillants du propos de l’auteur de Tout écartillé et Chu ‘dans sans en perdre l’essence fondamentale, mais une chose est certaine: avec sa fougue et sa passion, le comédien et dramaturge saura certainement transmettre le message qui lui tient à cœur et en inspirer plusieurs avec son insatiable appétit de vivre.

«J’aimerais donner de l’espoir aux gens, les enthousiasmer. Moi, je sais que je n’ai pas de problèmes. J’ai mangé ce matin, je vais manger demain, je travaille tout le temps, je fais de l’argent, mes enfants sont élevés… Je suis “gras dur”, comme on dit! Mais n’empêche que je suis vieux. Je pourrais me déprimer d’être vieux. Sauf que je me réjouis de tous les luxes que nous avons et qui sont à l’image du paradis même pour les anciens, comme une bicyclette ou une automobile. Si je communique le moindrement cet enthousiasme à vivre au public, j’aurai réussi ma soirée!»

Heureux? T’as pas honte!: ce soir au Théâtre Outremont, à 19h30. Des billets sont encore disponibles. Pour des informations: www.theatreoutremont.ca.